Réveil un peu plus tardif que les autres jours, de toute façon, nous
n'avons rien à faire. Petit-déjeuner frugal et peu appétissant.
La journée commence avec cette impression de ne plus savoir pourquoi on
est là. Le femme et la fille de notre hôte ont réapparus. La matinée
passe lentement, très lentement... Vers midi, nous apprenons qu'une
carriole doit venir nous chercher à 16h. Incompréhension ! Dans notre
"programme", nous sommes censés faire une marche de 13 km pour rejoindre
notre prochaine famille. Ce qui nous parait totalement invraisemblable.
La femme nous propose aussi de partir à cheval mais, une fois encore,
aucun cheval pour nous à l'horizon !
Nous avons de toute façon décidé de rejoindre le bus pour rentrer à UB
dès ce soir. Le plus dur est de le faire comprendre à notre famille.
Heureusement, des anglais parlant mongols campant à côté nous servent
d'interprète. Au final, nous devons écrire un mot d'excuse que les
anglais traduisent en mongol pour le donner à la prochaine famille. On
se croirait retourner à l'école !!! Moi qui ait souvent fait mes mots
d'excuses toute seule ;)
Pendant tout ce temps, toujours rien à manger... Seule distraction de la
journée, la femme m'apprend à faire des noeuds mongols. Elle me montre
et je m'applique pour essayer de retenir. Ayant tout loisir de
m'entraîner, je finis par réussir à le faire seul. Espérons que je m'en
souvienne encore dans quelques semaines. J'ai également droit à une
séance d'essayage du "del" mongol, la tenue traditionnelle des nomades,
accompagné du chapeau.
Sur les coups de 15h, un bol de riz censé être blanc nous est proposé.
Ca ne donne pas vraiment envie mais à défaut d'autre chose, on mange.
Dans la foulée, à peine notre bol commencé, la femme nous indique qu'il
faut partir. Bilan, Stéphane part à cheval et nous 3 en carriole. Ce
dernier trajet est des plus pittoresques ! Tout d'abord, la femme part
seule. J'ai à peine le temps de tourner la tête qu'elle est déjà loin.
Me voilà partie à pied pour la rattraper. Quant à la suite du voyage, le
boeuf n'a jamais voulu avancer. Elle a du sans cesse le tirer en
marchant devant lui. Celui-ci comprenant surement la situation, il
décida de se coucher régulièrement, nous assis sur la cariole. Je vous
promets, la sensation est surprenante. Nous avons donc fait une bonne
partie du trajet à pied à côté de la cariole, le boeuf ne tirant que nos
bagages. Quant aux traversées de rivière, nous avons pu les franchir
grâce à un nomade du coin puis à Stéphane. Original ! Je crois que seul
Stéphane a profité de ce moment à cheval dans la steppe. Les grands
espaces, la rencontre avec un nomade qui déplaçait son troupeau de
chèvres, des galops en solitaire,...
Retour en taxi le plus rapidement possible à UB. Nous n'avons pas le
courage d'attendre le bus encore 2 heures. La suite, dîner au Bistrot
français et dodo...
Cette expérience chez les nomades est mitigée. Les premiers jours ont
été riches en découvertes et en échanges même si ceux-ci restent limités
par la barrière de la langue. Nous avons ressenti, au regard de
l'ensemble du séjour, une attention à notre égard, limitée mais réelle.
La fin de séjour, comme vous avez du le comprendre à la lecture des
lignes précédentes, nous a laissé un petit goût de déception.
L'association Ger to Ger se présente comme une structure d'ouverture et
de partage de la culture mongole avec des touristes souhaitant vivre
autre chose que les circuits organisés. Derrière cela, l'idée de
maintenir le tissu traditionnel nomade est aussi présente. Au regard de
ces quelques jours et de notre propre expérience, partagée par deux
autres touristes, la réalité est bien différente. La sensation qui
domine est que "Ger to ger " profite un peu (beaucoup) de cette belle
idée pour gagner des sous...
Stéphane a pris le temps de rencontrer le responsable de l'association
pour essayer simplement que de telle situations ne se renouvellent pas.
La seule réponse apportée est que nous sommes tombés sur de "mauvais
jours", chaque situation difficile étant excusée par un prétexte quasi
fallacieux. Aucune excuse n'a été émise. Nous sommes tout à fait à même
de comprendre que ce genre de séjour peut comporter des imprévus, des
aléas, des différences entre les familles. Cela nous semble même
évident. Mais notre attente était juste celle de partager un tout petit
peu leur vie, et d'être accueillis comme des hôtes, pas comme des
dollars sur pattes !!!
Bilan, si certains nous lisent en vue d'un futur voyage en Mongolie,
sachez que "Ger to ger" a probablement de bons côtés mais en a aussi un
certain nombre de mauvais, bien plus nombreux à nos yeux.