Jeudi 28 août
Réveil matinal sous la yourte. Tout le monde est déjà levé. Nous émergeons difficilement.
La neige a cessé de tomber pour laisser place à un grand soleil. Le cadre est étonnant ce matin. Tout est recouvert de neige, les yourtes se fondent dans la blancheur du paysage. Seuls les animaux venus plus près des yourtes forment des taches de couleur. On se croirait à la montagne en hiver, nous sommes à plus de 3000 m d'altitude !
Nous sommes au pied du massif de Tavan Bogd ("Les cinq saints") qui s'élève à 4374 m. Son sommet toujours enneigé se partage entre la Mongolie, la Chine et la Russie. Le massif est composé de cinq pics et de glaciers. Stéphane a envie de partir à cheval pour le voir. Je m'en sens incapable, j'ai trop froid, je suis fatiguée. J'en ai simplement marre. Stéphane part seul avec le guide.
Melina
J'essaie de passer le temps en lisant sous la yourte. J'ai tellement froid que j'essaie de profiter de la faible chaleur du poêle. La porte s'ouvre et se ferme en permanence. A chaque fois, une vague de froid pénètre dans la yourte. J'observe la vie dans la yourte. La femme passe sa matinée à s'occuper de nettoyer les sols, faire la vaisselle, ranger les lits, préparer de l'eau chaude pour que les enfants se lavent,... Un vrai petit ballet très bien orchestré. Voyant que le soleil brille, j'essaie de sortir marcher un peu jusqu'à la rivière. Je profite des rayons de soleil pour me réchauffer mais le vent est trop froid. Je retourne sous la yourte. La femme me propose de m'allonger et m'offre une couverture. Je m'endors...
Stéphane
A l'aller je traverse des champs de neige. A mesure qu'on avance, la neige disparait. On monte pendant 2h jusqu'à voir les montagnes et le glacier. Je demande au guide de m'en approcher, ce qu'il accepte après négociation. Au pied du glacier, je peux voir un petit lac d'un joli vert laiteux. Je suis entouré par les montagnes, seul à cheval dans cette immensité, c'est vraiment magnifique. Au retour, la neige a fondu. C'est chouette, le paysage a tellement changé que j'ai l'impression de passer par un autre chemin. Le rythme est soutenu pour ne pas arriver trop tard à la yourte
Stéphane rentre en début d'après-midi. Nous avalons un bol de riz précuit avant de partir en direction de Dayan, plus au Sud-Est. A peine une demi-heure plus tard, Erkhiin est obligé de s'arrêter sur le bas coté. Panne ! Il semble qu'un cardan soit defectueux. Une camionnette de militaires s'arrête. Très vite, nous comprenons qu'ils sont saouls. Ils veulent nous prendre en photos, nous parler en Russe et nous faire boire de la vodka tout en nous parlant en boucle de Chirac et de Poutine ! Vaste programme. Un peu pénible. Un conducteur de camion s'arrête et aide Erkhiin. Les militaires s'en vont. Une heure de réparation plus tard, nous pouvons enfin repartir.
La route est toujours aussi mauvaise, la neige a fondu, seules les monts alentours restent blancs. Nous roulons entre 3000 et 3200 m d'altitude avec des passages de cols dont un à 3400 m. Les paysages sont très arides, la végétation et les arbres ont presque disparu, les sols sont couverts de cailloux. Et puis tout d'un coup, le paysage change, devient plus vert/jaune, la végétation réapparait un peu. En fait, c'est une alternance continuelle jusqu'à ce que les arbres et les nomades réapparaissent. La route est difficile à trouver. Par endroits, l'eau empêche de passer. Nous devons franchir pas mal de rivières, l'une d'elle donne du fil à retordre. Notre chauffeur s'en sort très bien. La nuit tombe. Nous sommes un peu inquiets car conduire de nuit ici n'est pas vraiment recommandé vu l'état des routes. Nous nous arrêtons finalement au bord d'un lac, près d'une barrière fermée, à l'entrée d'un Parc. C'est un peu galère d'arriver à la nuit tombée. En plus, il fait super froid. Nous installons la tente et préparons à manger avec notre réchaud à la frontale. On aura vraiment tout expérimenté dans ce pays !!! On s'en sort pas trop mal...