Mercredi 20 août
Nuit pas très reposante pour moi. J'aurais bien dormi un peu plus ce matin quand la douce chaleur du soleil est enfin venue réchauffer la tente.
Au petit-déjeuner, Zucker a préparé ses fameuses galettes pour lesquelles nous avions acheté 3 kg de farine à UB. Cela ressemble à des beignets plats. C'est bon mais un peu gras.
Bayaraa nous annonce que ce soir nous dormons dans les "dunes dorées". En repartant, nous réalisons que nous avons fait une erreur de jugement hier soir, derrière la forêt se cachait une rivière ;)...
Longue route aujourd'hui encore. Le paysage change plus nettement puisque nous approchons de zones plus désertiques. La steppe se fait plus aride, une très mince couche de végétation recouvre le sable, les arbres disparaissent pour laisser place à des hauts buissons épineux. De temps en temps encore, des forêts de résineux sur les côtés plus montagneux. A trois reprises, nous voyons au loin des feux de forêt. Toujours aussi peu de monde et de voitures. Le no man's land continue. De temps en temps, une yourte perdue au milieu de nulle part, un troupeau qui erre seul,...
La population se regroupent en village. Elle est essentiellement composée par l'ethnie des Bayad. Le village de Tes, le plus important, était à l'époque stalinienne un grand centre d'agriculture. Il reste des traces de ce passé glorieux : quelques bâtiments en dur qui servaient à stocker les récoltes. Aujourd'hui, il ne reste plus que des ruines. Nous en profitons pour faire le plein d'essence et d'eau.
La piste reprend, entièrement en sable et bordée par des buissons et de jolies fleurs fuschias. Nous longeons un long moment les "dunes de sable" de Boorog Deliin. C'est le désert situé le plus au nord du monde. Nous nous attendions à voir des dunes de sable mais en fait, elles sont recouvertes d'une végétation rase. Les "vraies" dunes, celles d'Altan Els, les "dunes dorées", nous ne les verrons pas. Nous comprenons trop tard que Bayaraa a décidé pour nous que comme c'était payant et qu'il fallait une autorisation pour entrer dans cette zone protégée, nous n'y allons pas. L'ambiance est à nouveau tendue. Grand silence dans la voiture. Bayaraa soutient mordicus que les dunes qu'ils nous montrent, presque vertes, sont les dunes dorées. De plus, quand Stéphane pose des questions, il ne répond pas ou évasivement. Quant à moi, depuis quelques jours, je suis devenue transparente les 3/4 du temps. Bilan, nous ne faisons que longer cette zone désertique. Dommage ! Nous sommes un peu déçus d'être passés si prêt sans rien voir.
Nous nous arrêtons quand même pour camper, l'heure ayant bien avancé et la nuit tombant assez vite ici. Nous en profitons pour explique à nouveau à Bayaraa que c'est à nous de faire les choix, de décider si nous dépensons ou non des sous pour voir telle ou telle chose,... en bref que c'est NOTRE voyage. Il est assez susceptible donc ce n'est pas simple de lui expliquer ce que nous ressentons.
Pendant ce temps, Zucker nous prépare un plat de gaines de sarazin avec des pommes de terre. Nous avons l'impression de manger des galettes bretonnes. Heureusement que nos deux compères sont compliqués chacun leur tour et pas en même temps !
La soirée se termine autour d'un jeu de carte.