Vendredi 8 août
Journée très calme. Au programme, avancer vers le Grand Lac Blanc. La route pour s'y rendre est assez longue bien qu'il n'y ait que 150 km ! Avant de partir, Zucker et Bayaraa tournent trois fois autour d'un ovoo en jetant au centre quelques pierres. C'est une tradition pour demander aux esprits de protéger le voyage à venir.
Comme toujours, nous empruntons des pistes toutes plus mauvaises les unes que les autres. Une route est en construction mais comme à chaque fois que nous voyons des chantiers, tout est à l'arrêt ! Du coup, c'est assez original car tous les véhicules longent la route, l'empruntent par moments même si elle n'est pas bitumée.
Nous traversons la steppe entourée de montagnes. Le paysage évolue très très lentement. Les fleurs se font plus rares. Par contre, comme partout, la steppe sert de poubelle géante. On y trouve de tout : une roue de vélo, une chaussure abandonnée, un pantalon, un morceau de pneu, un reste de roue de char à boeuf,... Et surtout des bouteilles plastiques et des bouteilles de vodka jonchent le sol. La notion de protection de la nature reste quelque chose de très abstrait. Notre chauffeur Zucker ne comprend pas le comportement de ses compatriotes. Partout où il passe, il ramasse les détritus abandonnés pour les emporter jusqu'à la prochaine poubelle.
Comme hier, nous nous arrêtons au bord d'une rivière en milieu d'après-midi. Nous sommes dans une zone de faille sismique et la rivière a creusé un canyon. Nous parvenons quand même à trouver un endroit pour s'en approcher.
Aujourd'hui, le moral est un peu moins bon. Les paysages sont magnifiques et impressionnants par leur immensité. Mais la solitude et les grands espaces ne sont pas si faciles à vivre pour moi. J'ai, comme on dit chez nous, le mal du pays et des miens. Heureusement que la technique me permet de rester en contact relativement facilement avec vous.
Stéphane profite de la fin de journée pour plonger dans les bras de Morphé et moi, je prends le temps de lire un peu et de m'évader ainsi vers des terres suédoises aussi lointaines en suivant l'intrigue d'Avant le Gel de Mankell. Pendant ce temps là, Zucker et Bayaraa nous ont préparé à manger. Nous dévorons notre soupe de pâtes. Nous tentons quelques jeux avec des allumettes mais le froid est tel que nous nous réfugions sous notre "petite bulle".