mercredi 6 août 2008

Joyeux anniversaire

Dimanche 3 août
Départ ponctuel de notre petite équipée. La jeep chargée des courses et nos sacs, nous quittons enfin UB.
UB est une ville à l'ambiance pesante. Composée d'une grande avenue est-ouest (Peace avenue, tout un programme !) et de rues en perpendiculaires, il est assez facile de s'y retrouver. Le centre-ville n'est pas très grand et la plupart des activités dont nous avons besoin se concentrent sur quelques centaines de mètres. Mais aucun charme ne se dégage des ses rues et de ses bâtiments. L'architecture est sommaire : pas de style particulier si ce n'est quelques traces de son passé sous tutelle soviétique. Aujourd'hui, les "buildings" poussent dans le plus grand désordre. Seule la place centrale Sukhbataar, où réside le Parlement, fait preuve d'un peu de style. C'est à quelques mètres de là qu'ont eu lieu les émeutes du mois de juillet. La circulation est des plus désordonnée. Il faut savoir qu'ici les voitures proviennent d'un peu partout et on en trouve donc indifféremment avec volant à gauche ou à droite, ce qui n'arrange pas le code de la route, si tant est qu'il en existe un. Traverser est un challenge permanent : une voiture ne
s'arrête jamais devant un piéton, voire le pousse pour passer (promis, c'est du vécu !). En bref, UB a pour nous l'avantage de nous donner des repères un peu plus familiers et de ce fait a un côté reposant mais pour le reste, il ne fait pas bon rester trop longtemps en ville. Nous partons donc pour la campagne, comme on dit ici. La Mongolie = UB et la campagne !!!
Nous quittons UB en traversant une banlieue démesurée. Des yourtes se sont installées partout, dans les moindres recoins. Cela me fait penser aux bidonvilles du Paris des années 60. Nombreux mongols ont quitté leur campagne pour essayer de trouver du travail en ville mais UB est incapable de les accueillir correctement. La misère est aux portes de la ville. Les contrastes sont impressionnants...
Très vite, la route goudronnée laisse place à une piste chaotique. Direction le parc Hustai pour voir les "takhis", ces fameux chevaux sauvages de Prezwalski. Après 2 heures de piste pourrie où nous sommes secoués en tous sens, nous quittons la piste principale pour emprunter une piste au milieu de la steppe et des fleurs, plus agréable. Fanny a travaillé dans le Parc pendant 5 jours pour observer les takhis. Elle nous donne quelques indications sur les lieux où les chercher. La chaleur de midi les a déjà fait grimper dans la montagne pour se protéger au pied des rochers. Notre quête semble vaine quand notre chauffeur en aperçoit 2. Stéphane file, grimpe, vole,... au flan de la montagne. Leurs hennissements lui permettent de les repérer. Moi je n'ai que l'occasion de les voir de loin. Sniff ! Je crois que Stéphane est heureux d'avoir pu les suivre, jouer un peu avec eux. Cela ressemble à un cadeau d'anniversaire à ses yeux.
Nous reprenons notre route jusqu'au Parc de Khogno Khan. L'originalité est que nous suivons une route en construction dont les travaux ne semblent pas progresser d'un poil. Seuls les animaux l'empruntent. En parallèle, une multitude de pistes forment un entrelacs infini. Le trafic est dense, des véhicules de toutes sortes, de la petite voiture au bus en passant par les jeeps et les motos vont et viennent. On s'arrête dans une petite échoppe au milieu de nulle part pour déjeuner.
Le soir, nous atteignons notre campement au pied des rochers. Notre chauffeur nous prépare un dîner digne d'un chef cuisto vu les conditions de cuisine. Et Bayaraa, notre interprète, offre à Stéphane une bouteille de "vin" pour son anniversaire. Cette attention nous touche beaucoup. Nous arrosons à la mongole cette année de plus, avec tout autour de nous la steppe...