Dimanche 31 août
Le temps ne semblant pas trop mauvais, nous décidons de rester une journée de plus à Dayan. Notre guide d'hier, au demeurant propriétaire des chevaux et chameaux, nous propose de monter à dos de chameau.
Stéphane
J'accepte à condition que la promenade ne dure pas longtemps... Mélina nous suivra à cheval. Je pars avec lui à travers la steppe à la recherche de son troupeau. Nous retournons tous les deux à cheval vers le lac. Il observe, nous remontons vers la montagne, il regarde à nouveau avec sa jumelle... Il entonne quelques chants kazakhs que j'essaye de chantonner avec lui. Après une petite dizaine de kilomètres à zigzaguer dans la steppe, nous finissons par les localiser. Grande satisfaction de mon guide ! Nous ramenons tout le troupeau vers sa yourte. Comme il a oublié ses allumettes, il finit par me laisser la charge du troupeau pour aller au loin dans une yourte chercher du feu. Bien alignés et serrés, les 22 bosses que j'ai devant moi forment une marée ondulante et dorée sous les rayons du soleil. Un joli spectacle au milieu de la steppe...
Mélina
Le chameau, je ne connais pas mais le dromadaire si ! Je laisse Stéphane faire sa propre expérience. Je préfère encore être à cheval. En attendant qu'il trouve les chameaux, je reste à la tente. Notre guide m'a bien fait comprendre que je devais rester sous la yourte mais au bout d'un moment, je me sens mieux dans ma "petite bulle". Des enfants viennent s'assoir devant la porte. Nous échangeons des sourires. Au delà, c'est difficile. Je finis par m'allonger pour profiter de ce moment de calme et de la chaleur de la tente en regardant le paysage devant moi. Je finis par m'endormir quand Stéphane revient ravi de son expérience "troupeau de chameau". Je me sors doucement de ma torpeur pour aller les voir.
Stéphane
Nous arrivons enfin aux yourtes : le guide attrape l'un des chameaux au lasso. Je ne comprends même pas comment il peut réussir à passer sa corde du premier coup autour du museau d'un chameau. Une fois attaché, il prépare son harnachement : un tapis pris dans la yourte tenu par une corde comme selle... Nous partons, lui à cheval, moi sur mon chameau... Mélina reste là. Au bout de quelques minutes, un vent glacial souffle. Bien que mes fesses soient brulantes, j'ai du mal à rester au chaud ! Au bout d'une heure, arrivée à une autre yourte. Plein d'enfants à l'intérieur, des biscuits, du thé au lait et des sourires... Ils sont par contre très déçus que je n'ai pas pris l'appareil photo. L'homme le plus âgé possède un aigle servant à la chasse. Même attaché à un pieux et caressé par son maitre, l'oiseau ne m'inspire pas trop confiance. Sa rapidité, la taille de son bec et de ses serres me gardent de trop l'approcher. Une fois de retour à notre campement, je dois expliquer que j'ai mal au dos et que je suis fatigué pour ne pas repartir voir les habitants de la yourte, à cheval cette fois pour aller faire des photos !!! Je retrouve Mélina sous la tente.
Mélina
Au moment de partir, notre guide me propose de monter à cheval. Je ne me sens pas prête et le temps a commencé à s'assombrir. Je les regarde partir au rythme nonchalant du chameau. Je marche un peu puis le vent se levant, je me réfugie sous la tente. Le vent souffle de plus en fort, quelques gouttes de pluie l'accompagne, la tente s'agite en tout sens. J'espère que ça ne va pas se transformer en tempête.
J'en profite pour bouquiner un peu sur la Mongolie, son histoire, sa population, sa géographie,... Je téléphone en France pour avoir quelques nouvelles. La faim se faisant sentir, je me prépare de quoi manger un peu quand Stéphane revient de sa balade. A-t-il humé l'odeur du riz au loin dans la steppe ? Nous restons sous la tente. Le vent s'est calmé mais le froid demeure. Nous mangeons, discutons, réfléchissons au programme des jours à venir, lisons les guides pour la xième fois, évoquons la possibilité de partir à Pékin plus tôt que prévu,... Le temps défile lentement. La soirée approche. On se prépare notre délicieux menu purée mousseline et compote de pommes. 20h30, nous sommes prêts à dormir !!!
Le jour disparait. C'est probablement notre dernière nuit sous la tente, notre "petite bulle", en terre mongole. Nous nous endormirons aux bruits de l'eau qui s'écoule à quelques mètres, des chevaux, des chiens, des chèvres, des yacks et ce soir du chameau !
dimanche 31 août 2008
samedi 30 août 2008
Au galop dans la steppe
Samedi 30 août
Stéphane semble avoir décidé de dormir ce matin. Aucun bruit ne le réveille même pas le concert de chèvres à 8h30 !!! Le troupeau passe autour de notre tente. C'est une sensation assez étrange... Stéphane est réveillé par un des vieux monsieur que nous avons vu hier : il souhaite que l'on prenne en photo les grands-parents. Séance photo devant les yourtes ! Séance qui se prolonge peu de temps après à l'intérieur où chacun à son tour nous demande qu'on le prenne : seul, en groupe, avec enfants, avec nous,... C'est rigolo. A chaque fois, ils veulent se voir sur le petit écran de l'appareil. La femme me coiffe d'un foulard pour quelques unes des photos. Au moment de lui rendre, elle me l'offre. Cette attention est très touchante. On passe un bon moment autour de la table remplie de gâteaux, bonbons, fromage caillou,... Au moment de partir, la femme nous met des bonbons dans les poches. C'est un vrai cadeau pour ici. Celina nous avait expliqué l'importance des bonbons dans les cadeaux.
Hier, nous avions demandé à Erkhiin si nous pouvions prendre des photos des gens : "oui oui, et vous mes les donnerez après". Nous ne pensions pas en prendre autant ;) Avoir des photos semble un vrai plaisir pour eux. Partout où nous sommes allées, des cadres de photos sont installés dans les yourtes
Le soleil a décidé de se montrer, c'était notre critère pour savoir si on restait ici ou si on repartait sur Olgii. Chaque jour, on avise en fonction de la météo. Nous partons vers midi pour une grande balade à cheval vers le lac de Dayan. Stéphane est heureux car nous avons la possibilité d'être seuls tous les deux à cheval une partie de la journée. Nous partons tous les deux seuls pendant que notre guide s'occupe de soigner un poulain blessé à la patte. Les chevaux sont vifs, les selles pas trop pourries, c'est un bon début ! Enfin, nous pouvons parcourir la steppe au grand galop !!!
Notre guide nous rejoint à proximité du lac. Nous galopons un long moment au bord de l'eau. D'un promontoire, nous profitons d'une splendide vue sur le lac et les montagnes enneigées. C'est beau. Des cormorans côtoient les chevaux en liberté. Une caravane de chameaux transporte du bois. Sur le chemin du retour, halte dans une yourte. Visiblement, notre guide leur a dit que nous avions un appareil photo : à nouveau séance photo ! Ils sont toujours très sérieux quand nous les photographions. Ils posent puis sourient... Et bien sûr, on nous offre gâteaux, thé au lait, bonbons,... et on nous présente une tête de mouton et de la viande sur un plateau. Il est difficile de refuser. Stéphane teste le coeur de mouton, le yaourt fumé, le fromage sec,... et passe sa journée à manger des bugnes !
Notre guide s'arrête dans une autre yourte prendre le thé. Nous rentrons seuls. Dans les nombreux cours d'eau, on a la chance d'apercevoir plein de cygnes majestueux. Ce n'est pas si simple de retrouver la bonne yourte. On se perd un peu. J'en peux plus, j'ai l'impression que notre yourte est à des kilomètres quand nous apercevons enfin notre tente. Je pose pied à terre, soulagée de pouvoir me décoincer un peu après 5 bonnes heures de balade. Nous sommes conviés à nouveau à boire le thé. La femme qui prend soin de nous nous prépare un thermos de thé sans lait. Cool ! Puis nous regagnons notre tente. 19h30, nouilles chinoises bien chaudes pour se réchauffer avant d'affronter le froid de la nuit.
Cette journée nous donne enfin une image de la Mongolie telle que nous l'imaginions. Ils sont tous très gentils avec nous, accueillants, souriants, prévenants. Malgré la barrière de la langue, ils essaient toujours de nous parler. Nous sommes frustrés de ne pas pouvoir échanger plus que par gestes et par photos. Une belle journée !
Stéphane semble avoir décidé de dormir ce matin. Aucun bruit ne le réveille même pas le concert de chèvres à 8h30 !!! Le troupeau passe autour de notre tente. C'est une sensation assez étrange... Stéphane est réveillé par un des vieux monsieur que nous avons vu hier : il souhaite que l'on prenne en photo les grands-parents. Séance photo devant les yourtes ! Séance qui se prolonge peu de temps après à l'intérieur où chacun à son tour nous demande qu'on le prenne : seul, en groupe, avec enfants, avec nous,... C'est rigolo. A chaque fois, ils veulent se voir sur le petit écran de l'appareil. La femme me coiffe d'un foulard pour quelques unes des photos. Au moment de lui rendre, elle me l'offre. Cette attention est très touchante. On passe un bon moment autour de la table remplie de gâteaux, bonbons, fromage caillou,... Au moment de partir, la femme nous met des bonbons dans les poches. C'est un vrai cadeau pour ici. Celina nous avait expliqué l'importance des bonbons dans les cadeaux.
Hier, nous avions demandé à Erkhiin si nous pouvions prendre des photos des gens : "oui oui, et vous mes les donnerez après". Nous ne pensions pas en prendre autant ;) Avoir des photos semble un vrai plaisir pour eux. Partout où nous sommes allées, des cadres de photos sont installés dans les yourtes
Le soleil a décidé de se montrer, c'était notre critère pour savoir si on restait ici ou si on repartait sur Olgii. Chaque jour, on avise en fonction de la météo. Nous partons vers midi pour une grande balade à cheval vers le lac de Dayan. Stéphane est heureux car nous avons la possibilité d'être seuls tous les deux à cheval une partie de la journée. Nous partons tous les deux seuls pendant que notre guide s'occupe de soigner un poulain blessé à la patte. Les chevaux sont vifs, les selles pas trop pourries, c'est un bon début ! Enfin, nous pouvons parcourir la steppe au grand galop !!!
Notre guide nous rejoint à proximité du lac. Nous galopons un long moment au bord de l'eau. D'un promontoire, nous profitons d'une splendide vue sur le lac et les montagnes enneigées. C'est beau. Des cormorans côtoient les chevaux en liberté. Une caravane de chameaux transporte du bois. Sur le chemin du retour, halte dans une yourte. Visiblement, notre guide leur a dit que nous avions un appareil photo : à nouveau séance photo ! Ils sont toujours très sérieux quand nous les photographions. Ils posent puis sourient... Et bien sûr, on nous offre gâteaux, thé au lait, bonbons,... et on nous présente une tête de mouton et de la viande sur un plateau. Il est difficile de refuser. Stéphane teste le coeur de mouton, le yaourt fumé, le fromage sec,... et passe sa journée à manger des bugnes !
Notre guide s'arrête dans une autre yourte prendre le thé. Nous rentrons seuls. Dans les nombreux cours d'eau, on a la chance d'apercevoir plein de cygnes majestueux. Ce n'est pas si simple de retrouver la bonne yourte. On se perd un peu. J'en peux plus, j'ai l'impression que notre yourte est à des kilomètres quand nous apercevons enfin notre tente. Je pose pied à terre, soulagée de pouvoir me décoincer un peu après 5 bonnes heures de balade. Nous sommes conviés à nouveau à boire le thé. La femme qui prend soin de nous nous prépare un thermos de thé sans lait. Cool ! Puis nous regagnons notre tente. 19h30, nouilles chinoises bien chaudes pour se réchauffer avant d'affronter le froid de la nuit.
Cette journée nous donne enfin une image de la Mongolie telle que nous l'imaginions. Ils sont tous très gentils avec nous, accueillants, souriants, prévenants. Malgré la barrière de la langue, ils essaient toujours de nous parler. Nous sommes frustrés de ne pas pouvoir échanger plus que par gestes et par photos. Une belle journée !
vendredi 29 août 2008
Autour de Dayan
Vendredi 29 août
Réveil avec vue sur le lac et les monts enneigés. Nous profitons du soleil matinal pour nous réchauffer sous la tente. La nuit a été froide et une forte humidité a recouvert la toile de la tente, c'est trempé ! On bulle un peu avant de nous décider à sortir prendre notre petit-déjeuner assis sur un rocher. Aujourd'hui, rythme calme. Encore quelques formalités administratives pour entrer dans le Parc, Erkhiin s'en occupe. Nous partons marcher tous les deux seuls entre le lac et la montagne. C'est agréable, il fait beau, le vent n'est pas trop froid. On profite des paysages. Erkhiin nous récupère un peu plus loin en voiture et nous remontons dans notre jeep tape-cul ! La route est encore plus mauvaise. Heureusement, nous n'avons que 40 km soit 2 heures de route...
En chemin, nous croisons quelques bergers avec leurs troupeaux, des faucheurs d'herbe. C'est la fin de l'été et les kazakhs ramassent à la faux de quoi nourrir les bêtes pendant l'hiver. Stéphane a l'opportunité de voie encore quelques stèles mais celles-ci semblent beaucoup plus récentes.
Arrivés à notre prochain campement, nous sommes invités à entrer sous la yourte, dans la famille d'Erkhiin. Impressionnant et inattendu ! Une vingtaine de personnes, adultes et enfants, sont rassemblés autour d'un copieux déjeuner posé sur une nappe à même le sol. Nous prenons place, mangeons un peu. Tout d'un coup, un homme fait un geste de rassembler ses mains et tout le monde se lève et sort de la yourte. Nous ne comprenons pas tout... mais nous suivons le mouvement.
Nous installons notre tente à quelques dizaines de mètres des yourtes, près d'un ru. Le soleil brille mais le vent reste froid. On se pose sous la tente une bonne partie de l'après-midi. En fin de journée, nous entendons les enfants jouer près de l'eau. On sort de notre bulle. Ils s'occupent de remplir les bidons d'eau et cela tourne à la bataille filles contre garçons. Un grand classique !
Nous partons à la recherche d'Erkhiin pour obtenir une couverture supplémentaire et un thermos d'eau chaude. Ne sachant pas trop sous quelle yourte le trouver, une femme nous aide. Quand nous entrons, à nouveau plein de monde est réuni. Une femme âgée parle un long moment, tous l'écoutent religieusement puis lèvent leurs verres. Et de nouveau, tout le monde se lève. Erkhiin nous explique que des mariages ont eu lieu pendant l'été. Aujourd'hui, le père des mariés et sa famille sont à l'honneur. Nous n'en saurons pas beaucoup plus. Sous une autre yourte, une femme et sa fille nous préparent de l'eau chaude. La jeune fille, 15 ans, parle quelques mots d'anglais. Elle nous pose quelques questions, les nombreux enfants rigolent, la femme nous sourit. L'ambiance est plus chaleureuse que tout ce que nous avons vécu jusqu'à présent.
Nous regagnons notre tente où on se calfeutre pour la nuit. Pour se réchauffer, on se prépare une bonne purée mousseline à l'eau et en dessert, compote de pommes. Et puis, rattrapage des messages en retard sur le blog avant de dormir...
Réveil avec vue sur le lac et les monts enneigés. Nous profitons du soleil matinal pour nous réchauffer sous la tente. La nuit a été froide et une forte humidité a recouvert la toile de la tente, c'est trempé ! On bulle un peu avant de nous décider à sortir prendre notre petit-déjeuner assis sur un rocher. Aujourd'hui, rythme calme. Encore quelques formalités administratives pour entrer dans le Parc, Erkhiin s'en occupe. Nous partons marcher tous les deux seuls entre le lac et la montagne. C'est agréable, il fait beau, le vent n'est pas trop froid. On profite des paysages. Erkhiin nous récupère un peu plus loin en voiture et nous remontons dans notre jeep tape-cul ! La route est encore plus mauvaise. Heureusement, nous n'avons que 40 km soit 2 heures de route...
En chemin, nous croisons quelques bergers avec leurs troupeaux, des faucheurs d'herbe. C'est la fin de l'été et les kazakhs ramassent à la faux de quoi nourrir les bêtes pendant l'hiver. Stéphane a l'opportunité de voie encore quelques stèles mais celles-ci semblent beaucoup plus récentes.
Arrivés à notre prochain campement, nous sommes invités à entrer sous la yourte, dans la famille d'Erkhiin. Impressionnant et inattendu ! Une vingtaine de personnes, adultes et enfants, sont rassemblés autour d'un copieux déjeuner posé sur une nappe à même le sol. Nous prenons place, mangeons un peu. Tout d'un coup, un homme fait un geste de rassembler ses mains et tout le monde se lève et sort de la yourte. Nous ne comprenons pas tout... mais nous suivons le mouvement.
Nous installons notre tente à quelques dizaines de mètres des yourtes, près d'un ru. Le soleil brille mais le vent reste froid. On se pose sous la tente une bonne partie de l'après-midi. En fin de journée, nous entendons les enfants jouer près de l'eau. On sort de notre bulle. Ils s'occupent de remplir les bidons d'eau et cela tourne à la bataille filles contre garçons. Un grand classique !
Nous partons à la recherche d'Erkhiin pour obtenir une couverture supplémentaire et un thermos d'eau chaude. Ne sachant pas trop sous quelle yourte le trouver, une femme nous aide. Quand nous entrons, à nouveau plein de monde est réuni. Une femme âgée parle un long moment, tous l'écoutent religieusement puis lèvent leurs verres. Et de nouveau, tout le monde se lève. Erkhiin nous explique que des mariages ont eu lieu pendant l'été. Aujourd'hui, le père des mariés et sa famille sont à l'honneur. Nous n'en saurons pas beaucoup plus. Sous une autre yourte, une femme et sa fille nous préparent de l'eau chaude. La jeune fille, 15 ans, parle quelques mots d'anglais. Elle nous pose quelques questions, les nombreux enfants rigolent, la femme nous sourit. L'ambiance est plus chaleureuse que tout ce que nous avons vécu jusqu'à présent.
Nous regagnons notre tente où on se calfeutre pour la nuit. Pour se réchauffer, on se prépare une bonne purée mousseline à l'eau et en dessert, compote de pommes. Et puis, rattrapage des messages en retard sur le blog avant de dormir...
jeudi 28 août 2008
Au pied du Tavan Bogd
Jeudi 28 août
Réveil matinal sous la yourte. Tout le monde est déjà levé. Nous émergeons difficilement.
La neige a cessé de tomber pour laisser place à un grand soleil. Le cadre est étonnant ce matin. Tout est recouvert de neige, les yourtes se fondent dans la blancheur du paysage. Seuls les animaux venus plus près des yourtes forment des taches de couleur. On se croirait à la montagne en hiver, nous sommes à plus de 3000 m d'altitude !
Nous sommes au pied du massif de Tavan Bogd ("Les cinq saints") qui s'élève à 4374 m. Son sommet toujours enneigé se partage entre la Mongolie, la Chine et la Russie. Le massif est composé de cinq pics et de glaciers. Stéphane a envie de partir à cheval pour le voir. Je m'en sens incapable, j'ai trop froid, je suis fatiguée. J'en ai simplement marre. Stéphane part seul avec le guide.
Melina
J'essaie de passer le temps en lisant sous la yourte. J'ai tellement froid que j'essaie de profiter de la faible chaleur du poêle. La porte s'ouvre et se ferme en permanence. A chaque fois, une vague de froid pénètre dans la yourte. J'observe la vie dans la yourte. La femme passe sa matinée à s'occuper de nettoyer les sols, faire la vaisselle, ranger les lits, préparer de l'eau chaude pour que les enfants se lavent,... Un vrai petit ballet très bien orchestré. Voyant que le soleil brille, j'essaie de sortir marcher un peu jusqu'à la rivière. Je profite des rayons de soleil pour me réchauffer mais le vent est trop froid. Je retourne sous la yourte. La femme me propose de m'allonger et m'offre une couverture. Je m'endors...
Stéphane
A l'aller je traverse des champs de neige. A mesure qu'on avance, la neige disparait. On monte pendant 2h jusqu'à voir les montagnes et le glacier. Je demande au guide de m'en approcher, ce qu'il accepte après négociation. Au pied du glacier, je peux voir un petit lac d'un joli vert laiteux. Je suis entouré par les montagnes, seul à cheval dans cette immensité, c'est vraiment magnifique. Au retour, la neige a fondu. C'est chouette, le paysage a tellement changé que j'ai l'impression de passer par un autre chemin. Le rythme est soutenu pour ne pas arriver trop tard à la yourte
Stéphane rentre en début d'après-midi. Nous avalons un bol de riz précuit avant de partir en direction de Dayan, plus au Sud-Est. A peine une demi-heure plus tard, Erkhiin est obligé de s'arrêter sur le bas coté. Panne ! Il semble qu'un cardan soit defectueux. Une camionnette de militaires s'arrête. Très vite, nous comprenons qu'ils sont saouls. Ils veulent nous prendre en photos, nous parler en Russe et nous faire boire de la vodka tout en nous parlant en boucle de Chirac et de Poutine ! Vaste programme. Un peu pénible. Un conducteur de camion s'arrête et aide Erkhiin. Les militaires s'en vont. Une heure de réparation plus tard, nous pouvons enfin repartir.
La route est toujours aussi mauvaise, la neige a fondu, seules les monts alentours restent blancs. Nous roulons entre 3000 et 3200 m d'altitude avec des passages de cols dont un à 3400 m. Les paysages sont très arides, la végétation et les arbres ont presque disparu, les sols sont couverts de cailloux. Et puis tout d'un coup, le paysage change, devient plus vert/jaune, la végétation réapparait un peu. En fait, c'est une alternance continuelle jusqu'à ce que les arbres et les nomades réapparaissent. La route est difficile à trouver. Par endroits, l'eau empêche de passer. Nous devons franchir pas mal de rivières, l'une d'elle donne du fil à retordre. Notre chauffeur s'en sort très bien. La nuit tombe. Nous sommes un peu inquiets car conduire de nuit ici n'est pas vraiment recommandé vu l'état des routes. Nous nous arrêtons finalement au bord d'un lac, près d'une barrière fermée, à l'entrée d'un Parc. C'est un peu galère d'arriver à la nuit tombée. En plus, il fait super froid. Nous installons la tente et préparons à manger avec notre réchaud à la frontale. On aura vraiment tout expérimenté dans ce pays !!! On s'en sort pas trop mal...
Réveil matinal sous la yourte. Tout le monde est déjà levé. Nous émergeons difficilement.
La neige a cessé de tomber pour laisser place à un grand soleil. Le cadre est étonnant ce matin. Tout est recouvert de neige, les yourtes se fondent dans la blancheur du paysage. Seuls les animaux venus plus près des yourtes forment des taches de couleur. On se croirait à la montagne en hiver, nous sommes à plus de 3000 m d'altitude !
Nous sommes au pied du massif de Tavan Bogd ("Les cinq saints") qui s'élève à 4374 m. Son sommet toujours enneigé se partage entre la Mongolie, la Chine et la Russie. Le massif est composé de cinq pics et de glaciers. Stéphane a envie de partir à cheval pour le voir. Je m'en sens incapable, j'ai trop froid, je suis fatiguée. J'en ai simplement marre. Stéphane part seul avec le guide.
Melina
J'essaie de passer le temps en lisant sous la yourte. J'ai tellement froid que j'essaie de profiter de la faible chaleur du poêle. La porte s'ouvre et se ferme en permanence. A chaque fois, une vague de froid pénètre dans la yourte. J'observe la vie dans la yourte. La femme passe sa matinée à s'occuper de nettoyer les sols, faire la vaisselle, ranger les lits, préparer de l'eau chaude pour que les enfants se lavent,... Un vrai petit ballet très bien orchestré. Voyant que le soleil brille, j'essaie de sortir marcher un peu jusqu'à la rivière. Je profite des rayons de soleil pour me réchauffer mais le vent est trop froid. Je retourne sous la yourte. La femme me propose de m'allonger et m'offre une couverture. Je m'endors...
Stéphane
A l'aller je traverse des champs de neige. A mesure qu'on avance, la neige disparait. On monte pendant 2h jusqu'à voir les montagnes et le glacier. Je demande au guide de m'en approcher, ce qu'il accepte après négociation. Au pied du glacier, je peux voir un petit lac d'un joli vert laiteux. Je suis entouré par les montagnes, seul à cheval dans cette immensité, c'est vraiment magnifique. Au retour, la neige a fondu. C'est chouette, le paysage a tellement changé que j'ai l'impression de passer par un autre chemin. Le rythme est soutenu pour ne pas arriver trop tard à la yourte
Stéphane rentre en début d'après-midi. Nous avalons un bol de riz précuit avant de partir en direction de Dayan, plus au Sud-Est. A peine une demi-heure plus tard, Erkhiin est obligé de s'arrêter sur le bas coté. Panne ! Il semble qu'un cardan soit defectueux. Une camionnette de militaires s'arrête. Très vite, nous comprenons qu'ils sont saouls. Ils veulent nous prendre en photos, nous parler en Russe et nous faire boire de la vodka tout en nous parlant en boucle de Chirac et de Poutine ! Vaste programme. Un peu pénible. Un conducteur de camion s'arrête et aide Erkhiin. Les militaires s'en vont. Une heure de réparation plus tard, nous pouvons enfin repartir.
La route est toujours aussi mauvaise, la neige a fondu, seules les monts alentours restent blancs. Nous roulons entre 3000 et 3200 m d'altitude avec des passages de cols dont un à 3400 m. Les paysages sont très arides, la végétation et les arbres ont presque disparu, les sols sont couverts de cailloux. Et puis tout d'un coup, le paysage change, devient plus vert/jaune, la végétation réapparait un peu. En fait, c'est une alternance continuelle jusqu'à ce que les arbres et les nomades réapparaissent. La route est difficile à trouver. Par endroits, l'eau empêche de passer. Nous devons franchir pas mal de rivières, l'une d'elle donne du fil à retordre. Notre chauffeur s'en sort très bien. La nuit tombe. Nous sommes un peu inquiets car conduire de nuit ici n'est pas vraiment recommandé vu l'état des routes. Nous nous arrêtons finalement au bord d'un lac, près d'une barrière fermée, à l'entrée d'un Parc. C'est un peu galère d'arriver à la nuit tombée. En plus, il fait super froid. Nous installons la tente et préparons à manger avec notre réchaud à la frontale. On aura vraiment tout expérimenté dans ce pays !!! On s'en sort pas trop mal...
mercredi 27 août 2008
En route vers l'Ouest
Quelques difficultés à écrire depuis 3 jours, nous reprenons le fil de nos aventures...
Mercredi 27 août
Départ comme prévu le matin. Avant de quitter Olgii, nous devons accomplir quelques formalités administratives pour obtenir un permis de circuler en zone frontalière. La route est encore plus mauvaise que d'habitude. Et, nous avons laissé zo et zo et leur confortable jeep japonaise contre un guide aux abords plus sympathiques et sa jeep russe d'une autre époque. Imaginez un mélange de montagnes russes, d'auto-tamponneuse et de rodéo et vous aurez une idée de ce que nous ressentons assis à l'arrière de la jeep. Ca tourne, ça saute, ça freine, ça cogne (même la tête contre le plafond, heureusement un peu capitonné),...
Pour le déjeuner, nous sommes conviés chez un de ses cousins. Heureusement que nous nous arrêtons car la grêle tombe fortement. Le village est assez différent de ce que nous avons vu jusqu'alors : tout petit, des maisons basses en brique de terre, quelques yourtes, des hommes en train de ramasser les bouses d'animaux. Nous découvrons les yourtes kazakhes : beaucoup plus spacieuses et beaucoup plus hautes. Une vrai sensation d'espace. Une femme et ses filles nous préparent du choux au mouton. Stéphane apprécie cette nouvelle recette, moi j'ai toujours autant de mal avec le fort gout du mouton.
Avant de continuer plus à l'Ouest, nous devons nous enregistrer au poste des gardes frontières. Au milieu de nulle part, nous reprenons de l'essence. C'est toujours étonnant de voir des postes essences perdus dans la steppe ou les montagnes. On se demande vraiment comment ils sont ravitaillés.
Nous nous dirigeons vers la frontière la plus à l'Ouest du pays. Vers 16h, nous sommes pris dans une tempête de neige. Très vite, la steppe se recouvre d'un blanc manteau et nous ne voyons plus grand chose. Les traces de la piste disparaissent progressivement et la route devient glissante. Sans nous concerter, nous sommes de plus en plus inquiets car la situation empire très vite. Au bout d'une heure, nous atteignons la yourte d'une famille chez qui nous nous réfugions. Ouf ! La neige tombe toujours. Nous restons sous la yourte jusqu'à 21h, assis sur le bord d'un lit. Les enfants jouent dehors : bonhomme de neige et bataille de boules de neige. Stéphane tente de sortir mais le froid tombe très vite. Ils nous offrent du thé au lait, des bugnes, de la crème,... Les activités de la famille continuent malgré la neige : rassemblement des animaux, traite,... Ne voyant rien se préparer à manger, nous optons pour de l'eau chaude et nos nouilles chinoises. Nous mangeons devant eux, c'est un peu étrange. Nous sentons que nous sommes un centre d'intérêt mais aucun échange n'a lieu.
Finalement, voyant que nous tombons de fatigue, Erkhiin nous propose d'installer notre couchage. On déballe nos matelas et nos duvets. Nous nous couchons par terre sous leurs yeux alors qu'ils n'ont pas mangé et qu'ils continuent de discuter. Je suis frigorifiée, le poêle de la yourte ne suffit pas à me réchauffer. La situation est pour le moins étrange, nous avons un peu peur pour les jours à suivre...
Mercredi 27 août
Départ comme prévu le matin. Avant de quitter Olgii, nous devons accomplir quelques formalités administratives pour obtenir un permis de circuler en zone frontalière. La route est encore plus mauvaise que d'habitude. Et, nous avons laissé zo et zo et leur confortable jeep japonaise contre un guide aux abords plus sympathiques et sa jeep russe d'une autre époque. Imaginez un mélange de montagnes russes, d'auto-tamponneuse et de rodéo et vous aurez une idée de ce que nous ressentons assis à l'arrière de la jeep. Ca tourne, ça saute, ça freine, ça cogne (même la tête contre le plafond, heureusement un peu capitonné),...
Pour le déjeuner, nous sommes conviés chez un de ses cousins. Heureusement que nous nous arrêtons car la grêle tombe fortement. Le village est assez différent de ce que nous avons vu jusqu'alors : tout petit, des maisons basses en brique de terre, quelques yourtes, des hommes en train de ramasser les bouses d'animaux. Nous découvrons les yourtes kazakhes : beaucoup plus spacieuses et beaucoup plus hautes. Une vrai sensation d'espace. Une femme et ses filles nous préparent du choux au mouton. Stéphane apprécie cette nouvelle recette, moi j'ai toujours autant de mal avec le fort gout du mouton.
Avant de continuer plus à l'Ouest, nous devons nous enregistrer au poste des gardes frontières. Au milieu de nulle part, nous reprenons de l'essence. C'est toujours étonnant de voir des postes essences perdus dans la steppe ou les montagnes. On se demande vraiment comment ils sont ravitaillés.
Nous nous dirigeons vers la frontière la plus à l'Ouest du pays. Vers 16h, nous sommes pris dans une tempête de neige. Très vite, la steppe se recouvre d'un blanc manteau et nous ne voyons plus grand chose. Les traces de la piste disparaissent progressivement et la route devient glissante. Sans nous concerter, nous sommes de plus en plus inquiets car la situation empire très vite. Au bout d'une heure, nous atteignons la yourte d'une famille chez qui nous nous réfugions. Ouf ! La neige tombe toujours. Nous restons sous la yourte jusqu'à 21h, assis sur le bord d'un lit. Les enfants jouent dehors : bonhomme de neige et bataille de boules de neige. Stéphane tente de sortir mais le froid tombe très vite. Ils nous offrent du thé au lait, des bugnes, de la crème,... Les activités de la famille continuent malgré la neige : rassemblement des animaux, traite,... Ne voyant rien se préparer à manger, nous optons pour de l'eau chaude et nos nouilles chinoises. Nous mangeons devant eux, c'est un peu étrange. Nous sentons que nous sommes un centre d'intérêt mais aucun échange n'a lieu.
Finalement, voyant que nous tombons de fatigue, Erkhiin nous propose d'installer notre couchage. On déballe nos matelas et nos duvets. Nous nous couchons par terre sous leurs yeux alors qu'ils n'ont pas mangé et qu'ils continuent de discuter. Je suis frigorifiée, le poêle de la yourte ne suffit pas à me réchauffer. La situation est pour le moins étrange, nous avons un peu peur pour les jours à suivre...
mardi 26 août 2008
Olgii toujours
Mardi 26 août
Journée très calme. Ce matin, repos et gestion à distance de quelques questions logistiques à Paris. Un grand merci à tous ceux qui nous aident.
Nous décidons de visiter le marché. Nous déambullons dans les allées plus étroites les unes que les autres. On y trouve de tout : vêtements, chaussures, sacs, affaires scolaires, bouffe, bonbons, matériel de cuisine, matériel en tout genre,... Ce sont de toute petite guérites assez spécialisées et regroupées par type. Chacune semble vendre la même chose que sa voisine, mais en fait, chacune a des pièces uniques. On sent que c'est bientôt la rentrée scolaire et universitaire (lundi 1er septembre ici aussi). Beaucoup de jeunes achètent des vêtements, les étalages de cahiers, stylos et autres fournitures débordent. Nous trouvons des paires de gants pour monter à cheval s'il fait trop froid pour la modique somme de de 0,35 € les deux paires. Nous achetons aussi quelques fruits et légumes pour déjeuner et rentrons nous préparer une superbe salade concombre, tomates cerises, thon !!! Le temps s'est couvert et le vent souffle derrière les grandes fenêtres. Nous trainons dans notre chambre. L'envie de buller l'emporte. Sur l'ordi, nous regardons une émission d'Ushuaia sur la Mongolie. Histoire de ne pas changer de thème ! Très vite, ça nous lasse. C'est tellement arrangé pour la télé. Les enfants portent tous leurs costumes de fête, les chevaux sont regroupés pour montrer des troupeaux impressionnants, les vues d'avion ne montrent que le plus beau,... Nous préférons garder nos propres images en tête.
Petit passage à l'internet café, quelques courses au supermarché puis diner à la chambre. On prépare nos sacs pour demain. Nous avons finalement décidé de partir avec Erkhiin pour une semaine, 10 jours grand maximum. L'idée est de partir plus à l'Ouest pour faire un tour en voiture et de monter quelques jours à cheval si la météo le permet. Nous sommes censés rencontrer des familles kazakhes.
Ce soir, l'électricité a décidé de se faire timide, nous n'avons plus qu'une faible lumière. Il est temps de dormir...
Journée très calme. Ce matin, repos et gestion à distance de quelques questions logistiques à Paris. Un grand merci à tous ceux qui nous aident.
Nous décidons de visiter le marché. Nous déambullons dans les allées plus étroites les unes que les autres. On y trouve de tout : vêtements, chaussures, sacs, affaires scolaires, bouffe, bonbons, matériel de cuisine, matériel en tout genre,... Ce sont de toute petite guérites assez spécialisées et regroupées par type. Chacune semble vendre la même chose que sa voisine, mais en fait, chacune a des pièces uniques. On sent que c'est bientôt la rentrée scolaire et universitaire (lundi 1er septembre ici aussi). Beaucoup de jeunes achètent des vêtements, les étalages de cahiers, stylos et autres fournitures débordent. Nous trouvons des paires de gants pour monter à cheval s'il fait trop froid pour la modique somme de de 0,35 € les deux paires. Nous achetons aussi quelques fruits et légumes pour déjeuner et rentrons nous préparer une superbe salade concombre, tomates cerises, thon !!! Le temps s'est couvert et le vent souffle derrière les grandes fenêtres. Nous trainons dans notre chambre. L'envie de buller l'emporte. Sur l'ordi, nous regardons une émission d'Ushuaia sur la Mongolie. Histoire de ne pas changer de thème ! Très vite, ça nous lasse. C'est tellement arrangé pour la télé. Les enfants portent tous leurs costumes de fête, les chevaux sont regroupés pour montrer des troupeaux impressionnants, les vues d'avion ne montrent que le plus beau,... Nous préférons garder nos propres images en tête.
Petit passage à l'internet café, quelques courses au supermarché puis diner à la chambre. On prépare nos sacs pour demain. Nous avons finalement décidé de partir avec Erkhiin pour une semaine, 10 jours grand maximum. L'idée est de partir plus à l'Ouest pour faire un tour en voiture et de monter quelques jours à cheval si la météo le permet. Nous sommes censés rencontrer des familles kazakhes.
Ce soir, l'électricité a décidé de se faire timide, nous n'avons plus qu'une faible lumière. Il est temps de dormir...
lundi 25 août 2008
Olgii
Lundi 25 août
Réveil plus tardif que d'habitude, nous profitons d'être dans de vrais lits pour nous reposer un peu. Derrière les vitres de la chambre, le soleil brille. Nous petit déjeunons dans notre chambre.
A peine la porte de l'hôtel franchie, nous sommes agréablement surpris. Olgii sous le soleil semble une ville beaucoup plus agréable. Première activité de la journée : essayer de modifier notre retour vers UB. Nos billets étaient prévus pour un départ de Khovd, une ville à 200 km d'ici, le 16 septembre, faute de départ possible directement d'Olgii. Après une bonne heure passée à l'agence et les services très dévoués de l'employé, nous échangeons nos billets pour un vol direct le 6 septembre. Un vrai soulagement pour nous deux. Après reflexion, nous avions choisi de ne pas rester autant de temps que prévu dans l'Ouest mais nous n'étions vraiment pas surs de pouvoir modifier nos billets...
Puis, installés sur un banc au soleil sur la place du Palais du gouverneur, coup de fil en France à notre soutien de choc, Papounet (un grand merci pour la gestion logistique en notre absence !). Des nouvelles de France de vive voix, ça fait du bien...
Nous croisons un couple de Français que nous avions rencontré à UB juste avant notre départ. On se donne rendez-vous pour la fin d'après-midi. Pour le moment, nous devons retrouver Erkhin, un contact susceptible de nous organiser un tour dans la région. La discussion semble fructueuse : un tour de 7 ou 8 jours en voiture et à cheval, auprès de familles kazakhes. Nous nous donnons la nuit pour réfléchir mais l'idée est assez séduisante.
Nous profitons du soleil de la fin d'après-midi pour parcourir la ville. Le temps est agréable et donne envie de se poser. Dommage qu'il n'y ait pas de terrasse de café ! Nous trouvons les bains publics, pas de barbier pour Stéphane ! On continue notre découverte de la ville. Nous poussons les portes pour découvrir ce que recèlent les magasins de la ville : beaucoup de fringues et de chaussures à la mode locale et chinoise, des fournitures pour la maison, des téléphones portables, des DVD pures copies, de la bouffe,...
Tout est très dispersé dans plein de petites boutiques. Pour la bouffe, trouver tout ce que nous cherchons implique de faire ses achats dans plusieurs boutiques. En chemin, nous découvrons un petit coin de verdure très charmant avec des tables, des fleurs, quelques jeux pour enfants,... qui ressemble à un jardin aménagé. Des enfants jouent sur une balançoire.
Vers 18h, nous retrouvons Célina et Antoine. Après presqu'une heure à tourner dans la ville pour manger, nous déclarons forfait et nous nous replions sur le bar de leur hôtel pour boire un verre. Ici, les guanz ferment très tôt, autour de 19h mais apparemment, ce soir ils ont tous fermés avant 18h30 car c'est le jour de fermeture du marché.
Leur parcours est étonnant. Ils sont partis de France en vélo pour arriver jusqu'ici en passant par la Chine et ont finalement posé leur bagage dans une famille kazakhe au sud d'Olgii pendant un an. Ils ont ainsi voyagé pendant 3 ans. Antoine revient régulièrement. Il est passionné par la région et son peuple. Cette fois, ils sont venus voir "leur" famille une quinzaine de jours tous les deux. De leur aventure sont nés un livre et un documentaire : A l'appel des steppes. Nous discutons un long moment et apprenons plein de choses sur la région et la façon de vivre des Kazakhs. Stéphane parle beaucoup chevaux. Eux aussi pensent que partir seuls à cheval ici est difficile. Ca conforte notre choix de ne pas partir de cette façon.
Nous regagnons notre chambre pour nous concocter de succulentes pâtes à la sauce panzani apportée dans nos bagages accompagnées de petites tomates trouvées au marché.
Je crois que nous allons dormir d'un sommeil plus serein cette nuit...
Réveil plus tardif que d'habitude, nous profitons d'être dans de vrais lits pour nous reposer un peu. Derrière les vitres de la chambre, le soleil brille. Nous petit déjeunons dans notre chambre.
A peine la porte de l'hôtel franchie, nous sommes agréablement surpris. Olgii sous le soleil semble une ville beaucoup plus agréable. Première activité de la journée : essayer de modifier notre retour vers UB. Nos billets étaient prévus pour un départ de Khovd, une ville à 200 km d'ici, le 16 septembre, faute de départ possible directement d'Olgii. Après une bonne heure passée à l'agence et les services très dévoués de l'employé, nous échangeons nos billets pour un vol direct le 6 septembre. Un vrai soulagement pour nous deux. Après reflexion, nous avions choisi de ne pas rester autant de temps que prévu dans l'Ouest mais nous n'étions vraiment pas surs de pouvoir modifier nos billets...
Puis, installés sur un banc au soleil sur la place du Palais du gouverneur, coup de fil en France à notre soutien de choc, Papounet (un grand merci pour la gestion logistique en notre absence !). Des nouvelles de France de vive voix, ça fait du bien...
Nous croisons un couple de Français que nous avions rencontré à UB juste avant notre départ. On se donne rendez-vous pour la fin d'après-midi. Pour le moment, nous devons retrouver Erkhin, un contact susceptible de nous organiser un tour dans la région. La discussion semble fructueuse : un tour de 7 ou 8 jours en voiture et à cheval, auprès de familles kazakhes. Nous nous donnons la nuit pour réfléchir mais l'idée est assez séduisante.
Nous profitons du soleil de la fin d'après-midi pour parcourir la ville. Le temps est agréable et donne envie de se poser. Dommage qu'il n'y ait pas de terrasse de café ! Nous trouvons les bains publics, pas de barbier pour Stéphane ! On continue notre découverte de la ville. Nous poussons les portes pour découvrir ce que recèlent les magasins de la ville : beaucoup de fringues et de chaussures à la mode locale et chinoise, des fournitures pour la maison, des téléphones portables, des DVD pures copies, de la bouffe,...
Tout est très dispersé dans plein de petites boutiques. Pour la bouffe, trouver tout ce que nous cherchons implique de faire ses achats dans plusieurs boutiques. En chemin, nous découvrons un petit coin de verdure très charmant avec des tables, des fleurs, quelques jeux pour enfants,... qui ressemble à un jardin aménagé. Des enfants jouent sur une balançoire.
Vers 18h, nous retrouvons Célina et Antoine. Après presqu'une heure à tourner dans la ville pour manger, nous déclarons forfait et nous nous replions sur le bar de leur hôtel pour boire un verre. Ici, les guanz ferment très tôt, autour de 19h mais apparemment, ce soir ils ont tous fermés avant 18h30 car c'est le jour de fermeture du marché.
Leur parcours est étonnant. Ils sont partis de France en vélo pour arriver jusqu'ici en passant par la Chine et ont finalement posé leur bagage dans une famille kazakhe au sud d'Olgii pendant un an. Ils ont ainsi voyagé pendant 3 ans. Antoine revient régulièrement. Il est passionné par la région et son peuple. Cette fois, ils sont venus voir "leur" famille une quinzaine de jours tous les deux. De leur aventure sont nés un livre et un documentaire : A l'appel des steppes. Nous discutons un long moment et apprenons plein de choses sur la région et la façon de vivre des Kazakhs. Stéphane parle beaucoup chevaux. Eux aussi pensent que partir seuls à cheval ici est difficile. Ca conforte notre choix de ne pas partir de cette façon.
Nous regagnons notre chambre pour nous concocter de succulentes pâtes à la sauce panzani apportée dans nos bagages accompagnées de petites tomates trouvées au marché.
Je crois que nous allons dormir d'un sommeil plus serein cette nuit...
dimanche 24 août 2008
Olgii nous voici
Dimanche 24 août
Un peu stressée par toutes les histoires avec zo et zo, je n'ai pas très bien dormi cette nuit : prêts un peu plus tôt que d'habitude mais pas aussi tôt que l'exigeait Bayaraa. Ils sont déjà dans la voiture, le petit-déjeuner déjà emballé dans les cartons, quand nous les rejoignons. L'ambiance semble toujours aussi agréable. Nous prenons quand même 5 minutes pour attraper de quoi grignoter quelque chose. Le pain est fini, ils ont tout mangé. La notion de partage semble inconnue !
Nous prenons la route pour Olgii. Le trajet est très beau et agréable même si la pluie a décidé de nous accompagner tout du long. Nous traversons une montagne en suivant la rivière Hovd qui prend sa source dans le massif le plus élevé du pays, l'Altai Tavan Bogd complétement à l'Ouest. La route est entourée par de grands pans de montagne très raides tellement la rivière a creusé son lit. C'est assez étonnant car nous ne montons pas du tout pour franchir cette montagne. La rivière est d'un vert émeraude hallucinant. Les premières feuilles d'un jaune éclatant apparaissent sur les arbres qui bordent la rivière. Le temps est étrange, le ciel devient tout gris, la pluie est constante. A mesure que nous avançons, les bords de la rivière, plus larges, sont habités. Les yourtes et les troupeaux réapparaissent en nombre après des dizaines de kilomètres sans quasiment personne. Au détour d'un virage, nous apercevons la ville d'Olgii, capitale de l'aimag Bayan-Olgii. Après tant de jours dans les steppes et les montagnes, nous sommes impressionnés par sa taille. C'est une ville basse, assez étalée et encerclée par les montagnes.
Première étape, trouver une chambre d'hôtel. Ca parait simple, erreur. Trouver une chambre avec un lit double et une douche chaude est impossible. Quand on nous propose pas un trou à rat ! Après la visite des 3 principaux hôtels de la ville et l'annonce de prix exorbitants pour ici, Stéphane réussit à négocier le prix de ce qui doit être la meilleure des chambres de la ville. Ca ressemble à une "suite" avec une chambre, un salon, la télé et une salle de bain privative avec toilette et eau chaude. Enfin presque ! Car les toilettes ne fonctionnent pas ! Après l'intervention de deux "techniciens" et de 3 femmes de ménage, tout fonctionne... avec une fuite d'eau ! Mais bon, on a des toilettes. Quant à l'eau chaude, tout un poème ! Le réservoir d'eau doit être rempli puis allumé pour que les 15/20 litres d'eau chauffent. Quand l'eau est chaude, le réservoir se met à chanter !!! Véridique ! Donc régulièrement, notre petit réservoir nous chante une petite musique suraiguë, si douce aux oreilles...
Bayaraa et Zucker, si pressés de partir hier, ont tout d'un coup du temps pour nous attendre. Ils proposent de déjeuner ensemble. Bayaraa suggère le restaurant des touristes et hommes d'affaires de la ville, un restaurant turc. Nous y mangeons très bien. Et surtout nous réglons l'addition !!! Zucker souhaite regarder le match de boxe des JO (la Mongolie gagne la médaille d'or), nous partons faire un petit tour. Les adieux devant l'hôtel sonnent un peu faux, chacun se souhaite bonne continuation. Je ne suis pas sure que tout cela soit très sincère. Nous sommes soulagés, chacun reprend sa route et nous sommes enfin seuls...
On s'installe un peu puis nous profitons de la fin d'après-midi pour aller découvrir la ville. Le soleil est revenu mais un vent glacial souffle dans les rues. Petit tour au marché mais c'est l'heure de la fermeture, repérage de la mosquée et de l'internet café. Nous y passons une bonne partie de la soirée afin de régler un problème technique sur le blog. Depuis trois jours, aucun des messages que nous avons envoyé n'a été publié. Stéphane galère un bon moment.
Nous rentrons diner à la chambre. Imaginez nous dans notre grande chambre assis dans nos fauteuils en train de nous préparer de la purée mousseline apportée de Paris sur notre petit réchaud à gaz sur la table basse, avec toutes nos réserves de bouffe (même mieux qu'au supermarché du coin dit Stéphane) posées au dessus, sur le rebord de la fenêtre. C'est assez comique. Mais ça remplit l'estomac !
Nous allons essayer de profiter de la nuit pour nous reposer, nous en avons grandement besoin.
Un peu stressée par toutes les histoires avec zo et zo, je n'ai pas très bien dormi cette nuit : prêts un peu plus tôt que d'habitude mais pas aussi tôt que l'exigeait Bayaraa. Ils sont déjà dans la voiture, le petit-déjeuner déjà emballé dans les cartons, quand nous les rejoignons. L'ambiance semble toujours aussi agréable. Nous prenons quand même 5 minutes pour attraper de quoi grignoter quelque chose. Le pain est fini, ils ont tout mangé. La notion de partage semble inconnue !
Nous prenons la route pour Olgii. Le trajet est très beau et agréable même si la pluie a décidé de nous accompagner tout du long. Nous traversons une montagne en suivant la rivière Hovd qui prend sa source dans le massif le plus élevé du pays, l'Altai Tavan Bogd complétement à l'Ouest. La route est entourée par de grands pans de montagne très raides tellement la rivière a creusé son lit. C'est assez étonnant car nous ne montons pas du tout pour franchir cette montagne. La rivière est d'un vert émeraude hallucinant. Les premières feuilles d'un jaune éclatant apparaissent sur les arbres qui bordent la rivière. Le temps est étrange, le ciel devient tout gris, la pluie est constante. A mesure que nous avançons, les bords de la rivière, plus larges, sont habités. Les yourtes et les troupeaux réapparaissent en nombre après des dizaines de kilomètres sans quasiment personne. Au détour d'un virage, nous apercevons la ville d'Olgii, capitale de l'aimag Bayan-Olgii. Après tant de jours dans les steppes et les montagnes, nous sommes impressionnés par sa taille. C'est une ville basse, assez étalée et encerclée par les montagnes.
Première étape, trouver une chambre d'hôtel. Ca parait simple, erreur. Trouver une chambre avec un lit double et une douche chaude est impossible. Quand on nous propose pas un trou à rat ! Après la visite des 3 principaux hôtels de la ville et l'annonce de prix exorbitants pour ici, Stéphane réussit à négocier le prix de ce qui doit être la meilleure des chambres de la ville. Ca ressemble à une "suite" avec une chambre, un salon, la télé et une salle de bain privative avec toilette et eau chaude. Enfin presque ! Car les toilettes ne fonctionnent pas ! Après l'intervention de deux "techniciens" et de 3 femmes de ménage, tout fonctionne... avec une fuite d'eau ! Mais bon, on a des toilettes. Quant à l'eau chaude, tout un poème ! Le réservoir d'eau doit être rempli puis allumé pour que les 15/20 litres d'eau chauffent. Quand l'eau est chaude, le réservoir se met à chanter !!! Véridique ! Donc régulièrement, notre petit réservoir nous chante une petite musique suraiguë, si douce aux oreilles...
Bayaraa et Zucker, si pressés de partir hier, ont tout d'un coup du temps pour nous attendre. Ils proposent de déjeuner ensemble. Bayaraa suggère le restaurant des touristes et hommes d'affaires de la ville, un restaurant turc. Nous y mangeons très bien. Et surtout nous réglons l'addition !!! Zucker souhaite regarder le match de boxe des JO (la Mongolie gagne la médaille d'or), nous partons faire un petit tour. Les adieux devant l'hôtel sonnent un peu faux, chacun se souhaite bonne continuation. Je ne suis pas sure que tout cela soit très sincère. Nous sommes soulagés, chacun reprend sa route et nous sommes enfin seuls...
On s'installe un peu puis nous profitons de la fin d'après-midi pour aller découvrir la ville. Le soleil est revenu mais un vent glacial souffle dans les rues. Petit tour au marché mais c'est l'heure de la fermeture, repérage de la mosquée et de l'internet café. Nous y passons une bonne partie de la soirée afin de régler un problème technique sur le blog. Depuis trois jours, aucun des messages que nous avons envoyé n'a été publié. Stéphane galère un bon moment.
Nous rentrons diner à la chambre. Imaginez nous dans notre grande chambre assis dans nos fauteuils en train de nous préparer de la purée mousseline apportée de Paris sur notre petit réchaud à gaz sur la table basse, avec toutes nos réserves de bouffe (même mieux qu'au supermarché du coin dit Stéphane) posées au dessus, sur le rebord de la fenêtre. C'est assez comique. Mais ça remplit l'estomac !
Nous allons essayer de profiter de la nuit pour nous reposer, nous en avons grandement besoin.
D'Uuvs à Ulaangom ou quand la coupe déborde...
Jeudi 21 août
Dure journée... Désolée pour le message un peu long, ça nous permet de décompresser un peu ;)
Réveil sans soleil ce matin. Il a visiblement décidé de bouder.
Stéphane reprend un peu les choses en main. Il a regardé hier soir les guides pour savoir ce que nous pouvions voir sur la route. Il discute avec Bayaraa pour aller voir les dunes de sable, pas celles d'Altan Els mais bon ! Une petite trentaine de kilomètres plus loin, une piste semble aller vers le Nord, à l'intérieur des dunes de Boorog Deliyn. Arrivés au village, renseignements pris, la route est bloquée à une dizaine de kilomètres par les dunes. Nous demandons juste à avancer un peu, sans aller aussi loin qu'imaginé. Mais très vite, les choses tournent mal et le ton monte. Pour Bayaraa, la route est trop difficile. Puis l'essence a augmenté. C'est un des arguments ressorti quasi quotidiennement, sachant que nous leur avons dit que tous les suppléments d'essence sont bien sur à notre charge. Puis, nous les avons déjà vus et même dormi à côté... Effectivement, nous avons dormi à côté de dunes végétalisées, pas vraiment du sable à perte de vue. Et comme à chaque fois que nous posons une question à notre interprète, celui-ci plonge dans un mutisme profond. Ce qui est pour le moins agacant, il baisse la tête et ne dit plus mot. Je ne peux m'empêcher d'intervenir en lui faisant remarquer que le silence ne fera pas progresser la situation. Et nous essayons d'arrondir les angles et de reprendre sur un ton jovial en parlant musique. Depuis le début du voyage, nos journées en voiture sont bercées par 5 cassettes passées en boucle de variété mongole ou de variété anglophone des années 80. Certaines chansons mongoles sont devenues familières à force de les entendre...
Zucker s'arrête finalement au bord de dunes. De guerre lasse, nous préférons en profiter et marcher un peu dans les dunes. Assez étonnant de se retrouver dans un désert sous la pluie. Depuis ce matin, une petite pluie fine nous accompagne et une brume impressionnante recouvre les montagnes sur notre gauche.
Nous voilà repartis. Nous traversons une grande zone plane bordée au nord par les dunes puis par le lac et au sud par la chaine de montagne Han Hohiyn. Dunes et plans d'eau verdoyant se côtoient. La région est anciennement une mer intérieure qui à la suite d'un tremblement de terre est devenue une vaste dépression occupée par des lacs d'eau salée et par cette chaine de montagnes. De temps en temps, quelques yourtes, quelques troupeaux et quelques chevaux, toujours aussi rares. Pour la première fois, nous apercevons des cadavres et des squelettes de chèvres au bord de la piste.
Direction le lac d'eau salée Uuvs. Tout d'un coup, nous apprenons que nous nous rendons dans un camp. Nous apercevons une grande masse blanche au loin. Stéphane sent que nous n'allons rien voir et fait arrêter la voiture. Merci le Lonely Planet et le GPS !!! Une fois encore, nous partons marcher seuls vers le lac. Les bords sont une poubelle géante. Le soleil tente une brève apparition qui donne de jolies couleurs vertes. Le lac est le plus grand de Mongolie, une véritable petite mer intérieure de plus de 3000 km2 entourée par des marais. C'est aussi la zone au climat le plus continental du pays : - 33°C en moyenne en janvier avec un record de -57°C en 1974, et souvent +40°C en été. Depuis 1994, le lac appartient à la zone protégée d'Uuvs Nuur qui comprend aussi les dunes et 2 autres zones. Le lac attire des milliers d'oiseaux mais ils ne sont pas au rendez-vous aujourd'hui.
Nous nous arrêtons au camp : pas un touriste, pas de restaurant, pas de douche,... Changement de programme, nous mangeons ici sous la yourte "restaurant" avec notre propre bouffe avant de repartir pour Ulaangom. Sur la route, nous avons la chance de voir 2 arcs en ciel. La pluie ne nous a pas quitté depuis ce matin, même si le soleil tente des apparitions sans franc succès.
Arrivée à Ulaangom sous la pluie et un vent de sable. La vision est apocalyptique. La ville, sans charme, basse, grise, prend un air sinistré encore plus marqué. Bayarra nous emmène dans un hôtel au centre ville, rien de très excitant mais une chambre avec une douche chaude le soir et en ville. Jusqu'ici les choses semblent simples. Et retournement de situation, on redescend, il nous propose de chercher ailleurs ce que nous déclinons. En fait, Zucker ne veut pas dormir ici car aucun parking ne permet de laisser la voiture. Les voilà partis à la recherche d'un garage. Coup de fil : ils ont trouvé un autre hôtel et ne reviennent pas. Stéphane (et moi...) commence à saturer vraiment de ces méthodes. Il gère la situation car je craque totalement. Je vous passe les détails. Soirée pourrie. Pas de réponse aux questions, Stéphane les laisse dans la voiture devant notre hôtel. Nous les retrouvons au même endroit 2h30 plus tard. Ils nous attendent pour manger. Pour info, pendant tout le voyage, nous prenons en charge leur gite et leur couvert...
Pendant le diner, ce que je pressentais depuis plusieurs jours, Bayaraa nous demande s'il est possible qu'ils repartent d'Olgii dès dimanche matin alors que notre programme prévoit une arrivée à Olgii en fin de journée. Là, je ne peux m'empêcher d'intervenir en expliquant que les méthodes ne sont pas correctes. Avec comme petite phrase qui fait déborder le vase, le mien en tout cas : "nous avons fait ce que vous vouliez les autres jours" !!! Jusqu'à preuve du contraire, il s'agit de notre voyage....Avant même le départ d'UB, Zucker a fait savoir que les journées consacrées au trajet Moron - Olgii était trop juste et qu'il fallait absolument ajouter une journée supplémentaire à prendre sur le reste du programme, ce que nous avons fait sans souci. La raison apparait ce soir très claire... Et nous en avons plus que marre de ces façons de nous annoncer des éléments totalement loin de la réalité et des nécessités du voyage.
Ce soir, nous avons plus que hâte d'être à Olgii et de voir nos routes prendre des chemins différents. Ils savent être charmants quand ils veulent mais là c'en est trop !
Après une douche froide pour moi, une dernière petite bataille de Stéphane : avoir de l'eau chaude pour se laver. Et au lit... bien mérité !
Dure journée... Désolée pour le message un peu long, ça nous permet de décompresser un peu ;)
Réveil sans soleil ce matin. Il a visiblement décidé de bouder.
Stéphane reprend un peu les choses en main. Il a regardé hier soir les guides pour savoir ce que nous pouvions voir sur la route. Il discute avec Bayaraa pour aller voir les dunes de sable, pas celles d'Altan Els mais bon ! Une petite trentaine de kilomètres plus loin, une piste semble aller vers le Nord, à l'intérieur des dunes de Boorog Deliyn. Arrivés au village, renseignements pris, la route est bloquée à une dizaine de kilomètres par les dunes. Nous demandons juste à avancer un peu, sans aller aussi loin qu'imaginé. Mais très vite, les choses tournent mal et le ton monte. Pour Bayaraa, la route est trop difficile. Puis l'essence a augmenté. C'est un des arguments ressorti quasi quotidiennement, sachant que nous leur avons dit que tous les suppléments d'essence sont bien sur à notre charge. Puis, nous les avons déjà vus et même dormi à côté... Effectivement, nous avons dormi à côté de dunes végétalisées, pas vraiment du sable à perte de vue. Et comme à chaque fois que nous posons une question à notre interprète, celui-ci plonge dans un mutisme profond. Ce qui est pour le moins agacant, il baisse la tête et ne dit plus mot. Je ne peux m'empêcher d'intervenir en lui faisant remarquer que le silence ne fera pas progresser la situation. Et nous essayons d'arrondir les angles et de reprendre sur un ton jovial en parlant musique. Depuis le début du voyage, nos journées en voiture sont bercées par 5 cassettes passées en boucle de variété mongole ou de variété anglophone des années 80. Certaines chansons mongoles sont devenues familières à force de les entendre...
Zucker s'arrête finalement au bord de dunes. De guerre lasse, nous préférons en profiter et marcher un peu dans les dunes. Assez étonnant de se retrouver dans un désert sous la pluie. Depuis ce matin, une petite pluie fine nous accompagne et une brume impressionnante recouvre les montagnes sur notre gauche.
Nous voilà repartis. Nous traversons une grande zone plane bordée au nord par les dunes puis par le lac et au sud par la chaine de montagne Han Hohiyn. Dunes et plans d'eau verdoyant se côtoient. La région est anciennement une mer intérieure qui à la suite d'un tremblement de terre est devenue une vaste dépression occupée par des lacs d'eau salée et par cette chaine de montagnes. De temps en temps, quelques yourtes, quelques troupeaux et quelques chevaux, toujours aussi rares. Pour la première fois, nous apercevons des cadavres et des squelettes de chèvres au bord de la piste.
Direction le lac d'eau salée Uuvs. Tout d'un coup, nous apprenons que nous nous rendons dans un camp. Nous apercevons une grande masse blanche au loin. Stéphane sent que nous n'allons rien voir et fait arrêter la voiture. Merci le Lonely Planet et le GPS !!! Une fois encore, nous partons marcher seuls vers le lac. Les bords sont une poubelle géante. Le soleil tente une brève apparition qui donne de jolies couleurs vertes. Le lac est le plus grand de Mongolie, une véritable petite mer intérieure de plus de 3000 km2 entourée par des marais. C'est aussi la zone au climat le plus continental du pays : - 33°C en moyenne en janvier avec un record de -57°C en 1974, et souvent +40°C en été. Depuis 1994, le lac appartient à la zone protégée d'Uuvs Nuur qui comprend aussi les dunes et 2 autres zones. Le lac attire des milliers d'oiseaux mais ils ne sont pas au rendez-vous aujourd'hui.
Nous nous arrêtons au camp : pas un touriste, pas de restaurant, pas de douche,... Changement de programme, nous mangeons ici sous la yourte "restaurant" avec notre propre bouffe avant de repartir pour Ulaangom. Sur la route, nous avons la chance de voir 2 arcs en ciel. La pluie ne nous a pas quitté depuis ce matin, même si le soleil tente des apparitions sans franc succès.
Arrivée à Ulaangom sous la pluie et un vent de sable. La vision est apocalyptique. La ville, sans charme, basse, grise, prend un air sinistré encore plus marqué. Bayarra nous emmène dans un hôtel au centre ville, rien de très excitant mais une chambre avec une douche chaude le soir et en ville. Jusqu'ici les choses semblent simples. Et retournement de situation, on redescend, il nous propose de chercher ailleurs ce que nous déclinons. En fait, Zucker ne veut pas dormir ici car aucun parking ne permet de laisser la voiture. Les voilà partis à la recherche d'un garage. Coup de fil : ils ont trouvé un autre hôtel et ne reviennent pas. Stéphane (et moi...) commence à saturer vraiment de ces méthodes. Il gère la situation car je craque totalement. Je vous passe les détails. Soirée pourrie. Pas de réponse aux questions, Stéphane les laisse dans la voiture devant notre hôtel. Nous les retrouvons au même endroit 2h30 plus tard. Ils nous attendent pour manger. Pour info, pendant tout le voyage, nous prenons en charge leur gite et leur couvert...
Pendant le diner, ce que je pressentais depuis plusieurs jours, Bayaraa nous demande s'il est possible qu'ils repartent d'Olgii dès dimanche matin alors que notre programme prévoit une arrivée à Olgii en fin de journée. Là, je ne peux m'empêcher d'intervenir en expliquant que les méthodes ne sont pas correctes. Avec comme petite phrase qui fait déborder le vase, le mien en tout cas : "nous avons fait ce que vous vouliez les autres jours" !!! Jusqu'à preuve du contraire, il s'agit de notre voyage....Avant même le départ d'UB, Zucker a fait savoir que les journées consacrées au trajet Moron - Olgii était trop juste et qu'il fallait absolument ajouter une journée supplémentaire à prendre sur le reste du programme, ce que nous avons fait sans souci. La raison apparait ce soir très claire... Et nous en avons plus que marre de ces façons de nous annoncer des éléments totalement loin de la réalité et des nécessités du voyage.
Ce soir, nous avons plus que hâte d'être à Olgii et de voir nos routes prendre des chemins différents. Ils savent être charmants quand ils veulent mais là c'en est trop !
Après une douche froide pour moi, une dernière petite bataille de Stéphane : avoir de l'eau chaude pour se laver. Et au lit... bien mérité !
samedi 23 août 2008
En passant par le lac Achit
Samedi 23 août
Le soleil est timide ce matin. Zucker a préparé des galettes pour le petit-déjeuner. J'en profite pour lui demander la recette.
Nous quittons le lac Ureeg pour rejoindre le lac Achit. Sur la route, nous nous arrêtons pour voir des stèles gravées de figure humaine. Sur l'une d'elle, un pétroglyphe d'un cavalier à cheval. Stéphane est impressionné par la finesse des dessins et des gravures. Cela représente tant d'heures de travail tellement la pierre est dure, pour l'époque. On observe aussi des tombes de forme carrée et, ce qui semble être la tombe d'un dignitaire autour de laquelle seraient enterrés ses hommes, le tout dans un cercle dans lequel s'inscrit une croix représentant le soleil.
Pour rejoindre le lac, nous passons par la montagne. La piste est très difficile, nous roulons à moins de 5 km/h. La voiture avance petit à petit vers le col. Le paysage est très sec, les couleurs plus jaunes. En chemin, nous croisons cinq militaires garde-frontières avec la Russie. Plus exactement, ils surveillent les incursions des Touvas qui viennent voler des bêtes en Mongolie. (Et inversement, les Mongols volent des bêtes en Russie !) Apparemment, ils ont capturé un cheval blessé des Touvas. C'est quasiment les seules personnes que nous croiserons de la journée !
Bref arrêt au col où au passage d'un ovoo, notre chauffeur klaxonne trois fois. Visiblement, ça remplace les trois tours autour ! Nous descendons progressivement, la piste s'adoucit, le paysage reprend des couleurs vertes. Tout d'un coup, un village apparait. C'est assez étonnant car il ne ressemble en rien à ceux que nous avons déjà croisé. Nous sommes déjà en territoire kazakh. Les maisons sont en dur, certainement en pierre et en brique, les palissades autour des maisons aussi. Le bois est inexistant. Le tout est très délabré. Le village est situé à côté d'une mine de charbon à ciel ouvert. L'ensemble est sinistre, tout gris dans des paysages assez ternes.
Nous approchons du lac. Stéphane, voyant que la voiture tend à le contourner, demande de s'arrêter pour manger. Cette technique permet de calmer le jeu. Nous sentons une embrouille en perspective par rapport au fait qu'ils veulent atteindre Olgii le plus tôt possible. Quand Stéphane pose quelques questions sur notre lieu de camping et sur notre envie de voir le lac, Bayaraa alterne entre le silence et l'énervement. Ca devient de plus en plus délirant...
Nous atteignons enfin la rive. Malheureusement, les moustiques et le vent ne nous permettent pas de camper à cet endroit. C'est dommage, le lieu est joli. Le lac Achit est très différent du lac Uureg. Les bords sont en pente douce, des "plages" bordent certains côtés, les montagnes sont plus éloignées, le cadre est à la fois plus vert et plus sablonneux. Nous décidons de nous réfugier dans la montagne. La pluie nous accompagne un moment. Stéphane trouve une enclave dans les rochers pour planter la tente. Le cadre rocheux est magnifique, surtout qu'en fin d'après-midi, le soleil se décide à briller et les pierres prennent une belle couleur dorée.
Stéphane part se promener. Il grimpe. Du milieu des rochers, il profite d'une splendide vue sur le lac. Pendant ce temps, zo et zo dorment dans la voiture. Du coup, je me repose et prépare la tente. Vers 20h, n'entendant rien, nous sortons de la tente pour préparer à manger. Zo et zo jouent au carte dans leur tente. Ils nous disent ne pas avoir mangé et qu'en gros, on ne peut rien préparer car il n'y a plus d'eau !!! Je trouve une bouteille et nous décidons de préparer de succulentes patates et carottes à l'eau ! Je leur en propose, aucune réponse. Tout d'un coup, je m'aperçois que des pelures de patates et d'oignon trainent juste à côté de la voiture. Eh oui, ils ont déjà mangé ! Bonne ambiance !!! Peu importe, notre tambouille cuit, on teste notre réchaud et prenons quelques provisions dans les cartons de courses pour la suite de notre voyage.
Zucker me propose que nous préparions des galettes ensemble demain matin. Je trouve l'idée sympa. A posteriori, je ne suis pas sure qu'elle ne soit pas dénuée d'intentions légèrement manipulatrices. Pour cause... Au moment de nous réfugier sous notre tente, Bayaraa m'interpelle pour m'annoncer : "départ 9h, petit-déjeuner 8h30" sur un ton péremptoire. Ma réponse : "non". Ce soir, nous avons juste l'impression qu'ils (en tout cas Bayaraa) nous prennent pour des cons. Les rapports ne s'arrangent pas...
Le soleil est timide ce matin. Zucker a préparé des galettes pour le petit-déjeuner. J'en profite pour lui demander la recette.
Nous quittons le lac Ureeg pour rejoindre le lac Achit. Sur la route, nous nous arrêtons pour voir des stèles gravées de figure humaine. Sur l'une d'elle, un pétroglyphe d'un cavalier à cheval. Stéphane est impressionné par la finesse des dessins et des gravures. Cela représente tant d'heures de travail tellement la pierre est dure, pour l'époque. On observe aussi des tombes de forme carrée et, ce qui semble être la tombe d'un dignitaire autour de laquelle seraient enterrés ses hommes, le tout dans un cercle dans lequel s'inscrit une croix représentant le soleil.
Pour rejoindre le lac, nous passons par la montagne. La piste est très difficile, nous roulons à moins de 5 km/h. La voiture avance petit à petit vers le col. Le paysage est très sec, les couleurs plus jaunes. En chemin, nous croisons cinq militaires garde-frontières avec la Russie. Plus exactement, ils surveillent les incursions des Touvas qui viennent voler des bêtes en Mongolie. (Et inversement, les Mongols volent des bêtes en Russie !) Apparemment, ils ont capturé un cheval blessé des Touvas. C'est quasiment les seules personnes que nous croiserons de la journée !
Bref arrêt au col où au passage d'un ovoo, notre chauffeur klaxonne trois fois. Visiblement, ça remplace les trois tours autour ! Nous descendons progressivement, la piste s'adoucit, le paysage reprend des couleurs vertes. Tout d'un coup, un village apparait. C'est assez étonnant car il ne ressemble en rien à ceux que nous avons déjà croisé. Nous sommes déjà en territoire kazakh. Les maisons sont en dur, certainement en pierre et en brique, les palissades autour des maisons aussi. Le bois est inexistant. Le tout est très délabré. Le village est situé à côté d'une mine de charbon à ciel ouvert. L'ensemble est sinistre, tout gris dans des paysages assez ternes.
Nous approchons du lac. Stéphane, voyant que la voiture tend à le contourner, demande de s'arrêter pour manger. Cette technique permet de calmer le jeu. Nous sentons une embrouille en perspective par rapport au fait qu'ils veulent atteindre Olgii le plus tôt possible. Quand Stéphane pose quelques questions sur notre lieu de camping et sur notre envie de voir le lac, Bayaraa alterne entre le silence et l'énervement. Ca devient de plus en plus délirant...
Nous atteignons enfin la rive. Malheureusement, les moustiques et le vent ne nous permettent pas de camper à cet endroit. C'est dommage, le lieu est joli. Le lac Achit est très différent du lac Uureg. Les bords sont en pente douce, des "plages" bordent certains côtés, les montagnes sont plus éloignées, le cadre est à la fois plus vert et plus sablonneux. Nous décidons de nous réfugier dans la montagne. La pluie nous accompagne un moment. Stéphane trouve une enclave dans les rochers pour planter la tente. Le cadre rocheux est magnifique, surtout qu'en fin d'après-midi, le soleil se décide à briller et les pierres prennent une belle couleur dorée.
Stéphane part se promener. Il grimpe. Du milieu des rochers, il profite d'une splendide vue sur le lac. Pendant ce temps, zo et zo dorment dans la voiture. Du coup, je me repose et prépare la tente. Vers 20h, n'entendant rien, nous sortons de la tente pour préparer à manger. Zo et zo jouent au carte dans leur tente. Ils nous disent ne pas avoir mangé et qu'en gros, on ne peut rien préparer car il n'y a plus d'eau !!! Je trouve une bouteille et nous décidons de préparer de succulentes patates et carottes à l'eau ! Je leur en propose, aucune réponse. Tout d'un coup, je m'aperçois que des pelures de patates et d'oignon trainent juste à côté de la voiture. Eh oui, ils ont déjà mangé ! Bonne ambiance !!! Peu importe, notre tambouille cuit, on teste notre réchaud et prenons quelques provisions dans les cartons de courses pour la suite de notre voyage.
Zucker me propose que nous préparions des galettes ensemble demain matin. Je trouve l'idée sympa. A posteriori, je ne suis pas sure qu'elle ne soit pas dénuée d'intentions légèrement manipulatrices. Pour cause... Au moment de nous réfugier sous notre tente, Bayaraa m'interpelle pour m'annoncer : "départ 9h, petit-déjeuner 8h30" sur un ton péremptoire. Ma réponse : "non". Ce soir, nous avons juste l'impression qu'ils (en tout cas Bayaraa) nous prennent pour des cons. Les rapports ne s'arrangent pas...
En passant par le lac Achit
Samedi 23 août
Le soleil est timide ce matin. Zucker a préparé des galettes pour le petit-déjeuner. J'en profite pour lui demander la recette.
Nous quittons le lac Ureeg pour rejoindre le lac Achit. Sur la route, nous nous arrêtons pour voir des stèles gravées de figure humaine. Sur l'une d'elle, un pétroglyphe d'un cavalier à cheval. Stéphane est impressionné par la finesse des dessins et des gravures. Cela représente tant d'heures de travail tellement la pierre est dure, pour l'époque. On observe aussi des tombes de forme carrée et, ce qui semble être la tombe d'un dignitaire autour de laquelle seraient enterrés ses hommes, le tout dans un cercle dans lequel s'inscrit une croix représentant le soleil.
Pour rejoindre le lac, nous passons par la montagne. La piste est très difficile, nous roulons à moins de 5 km/h. La voiture avance petit à petit vers le col. Le paysage est très sec, les couleurs plus jaunes. En chemin, nous croisons cinq militaires garde-frontières avec la Russie. Plus exactement, ils surveillent les incursions des Touvas qui viennent voler des bêtes en Mongolie. (Et inversement, les Mongols volent des bêtes en Russie !) Apparemment, ils ont capturé un cheval blessé des Touvas. C'est quasiment les seules personnes que nous croiserons de la journée !
Bref arrêt au col où au passage d'un ovoo, notre chauffeur klaxonne trois fois. Visiblement, ça remplace les trois tours autour ! Nous descendons progressivement, la piste s'adoucit, le paysage reprend des couleurs vertes. Tout d'un coup, un village apparait. C'est assez étonnant car il ne ressemble en rien à ceux que nous avons déjà croisé. Nous sommes déjà en territoire kazakh. Les maisons sont en dur, certainement en pierre et en brique, les palissades autour des maisons aussi. Le bois est inexistant. Le tout est très délabré. Le village est situé à côté d'une mine de charbon à ciel ouvert. L'ensemble est sinistre, tout gris dans des paysages assez ternes.
Nous approchons du lac. Stéphane, voyant que la voiture tend à le contourner, demande de s'arrêter pour manger. Cette technique permet de calmer le jeu. Nous sentons une embrouille en perspective par rapport au fait qu'ils veulent atteindre Olgii le plus tôt possible. Quand Stéphane pose quelques questions sur notre lieu de camping et sur notre envie de voir le lac, Bayaraa alterne entre le silence et l'énervement. Ca devient de plus en plus délirant...
Nous atteignons enfin la rive. Malheureusement, les moustiques et le vent ne nous permettent pas de camper à cet endroit. C'est dommage, le lieu est joli. Le lac Achit est très différent du lac Uureg. Les bords sont en pente douce, des "plages" bordent certains côtés, les montagnes sont plus éloignées, le cadre est à la fois plus vert et plus sablonneux. Nous décidons de nous réfugier dans la montagne. La pluie nous accompagne un moment. Stéphane trouve une enclave dans les rochers pour planter la tente. Le cadre rocheux est magnifique, surtout qu'en fin d'après-midi, le soleil se décide à briller et les pierres prennent une belle couleur dorée.
Stéphane part se promener. Il grimpe. Du milieu des rochers, il profite d'une splendide vue sur le lac. Pendant ce temps, zo et zo dorment dans la voiture. Du coup, je me repose et prépare la tente. Vers 20h, n'entendant rien, nous sortons de la tente pour préparer à manger. Zo et zo jouent au carte dans leur tente. Ils nous disent ne pas avoir mangé et qu'en gros, on ne peut rien préparer car il n'y a plus d'eau !!! Je trouve une bouteille et nous décidons de préparer de succulentes patates et carottes à l'eau ! Je leur en propose, aucune réponse. Tout d'un coup, je m'aperçois que des pelures de patates et d'oignon trainent juste à côté de la voiture. Eh oui, ils ont déjà mangé ! Bonne ambiance !!! Peu importe, notre tambouille cuit, on teste notre réchaud et prenons quelques provisions dans les cartons de courses pour la suite de notre voyage.
Zucker me propose que nous préparions des galettes ensemble demain matin. Je trouve l'idée sympa. A posteriori, je ne suis pas sure qu'elle ne soit pas dénuée d'intentions légèrement manipulatrices. Pour cause... Au moment de nous réfugier sous notre tente, Bayaraa m'interpelle pour m'annoncer : "départ 9h, petit-déjeuner 8h30" sur un ton péremptoire. Ma réponse : "non". Ce soir, nous avons juste l'impression qu'ils (en tout cas Bayaraa) nous prennent pour des cons. Les rapports ne s'arrangent pas...
Le soleil est timide ce matin. Zucker a préparé des galettes pour le petit-déjeuner. J'en profite pour lui demander la recette.
Nous quittons le lac Ureeg pour rejoindre le lac Achit. Sur la route, nous nous arrêtons pour voir des stèles gravées de figure humaine. Sur l'une d'elle, un pétroglyphe d'un cavalier à cheval. Stéphane est impressionné par la finesse des dessins et des gravures. Cela représente tant d'heures de travail tellement la pierre est dure, pour l'époque. On observe aussi des tombes de forme carrée et, ce qui semble être la tombe d'un dignitaire autour de laquelle seraient enterrés ses hommes, le tout dans un cercle dans lequel s'inscrit une croix représentant le soleil.
Pour rejoindre le lac, nous passons par la montagne. La piste est très difficile, nous roulons à moins de 5 km/h. La voiture avance petit à petit vers le col. Le paysage est très sec, les couleurs plus jaunes. En chemin, nous croisons cinq militaires garde-frontières avec la Russie. Plus exactement, ils surveillent les incursions des Touvas qui viennent voler des bêtes en Mongolie. (Et inversement, les Mongols volent des bêtes en Russie !) Apparemment, ils ont capturé un cheval blessé des Touvas. C'est quasiment les seules personnes que nous croiserons de la journée !
Bref arrêt au col où au passage d'un ovoo, notre chauffeur klaxonne trois fois. Visiblement, ça remplace les trois tours autour ! Nous descendons progressivement, la piste s'adoucit, le paysage reprend des couleurs vertes. Tout d'un coup, un village apparait. C'est assez étonnant car il ne ressemble en rien à ceux que nous avons déjà croisé. Nous sommes déjà en territoire kazakh. Les maisons sont en dur, certainement en pierre et en brique, les palissades autour des maisons aussi. Le bois est inexistant. Le tout est très délabré. Le village est situé à côté d'une mine de charbon à ciel ouvert. L'ensemble est sinistre, tout gris dans des paysages assez ternes.
Nous approchons du lac. Stéphane, voyant que la voiture tend à le contourner, demande de s'arrêter pour manger. Cette technique permet de calmer le jeu. Nous sentons une embrouille en perspective par rapport au fait qu'ils veulent atteindre Olgii le plus tôt possible. Quand Stéphane pose quelques questions sur notre lieu de camping et sur notre envie de voir le lac, Bayaraa alterne entre le silence et l'énervement. Ca devient de plus en plus délirant...
Nous atteignons enfin la rive. Malheureusement, les moustiques et le vent ne nous permettent pas de camper à cet endroit. C'est dommage, le lieu est joli. Le lac Achit est très différent du lac Uureg. Les bords sont en pente douce, des "plages" bordent certains côtés, les montagnes sont plus éloignées, le cadre est à la fois plus vert et plus sablonneux. Nous décidons de nous réfugier dans la montagne. La pluie nous accompagne un moment. Stéphane trouve une enclave dans les rochers pour planter la tente. Le cadre rocheux est magnifique, surtout qu'en fin d'après-midi, le soleil se décide à briller et les pierres prennent une belle couleur dorée.
Stéphane part se promener. Il grimpe. Du milieu des rochers, il profite d'une splendide vue sur le lac. Pendant ce temps, zo et zo dorment dans la voiture. Du coup, je me repose et prépare la tente. Vers 20h, n'entendant rien, nous sortons de la tente pour préparer à manger. Zo et zo jouent au carte dans leur tente. Ils nous disent ne pas avoir mangé et qu'en gros, on ne peut rien préparer car il n'y a plus d'eau !!! Je trouve une bouteille et nous décidons de préparer de succulentes patates et carottes à l'eau ! Je leur en propose, aucune réponse. Tout d'un coup, je m'aperçois que des pelures de patates et d'oignon trainent juste à côté de la voiture. Eh oui, ils ont déjà mangé ! Bonne ambiance !!! Peu importe, notre tambouille cuit, on teste notre réchaud et prenons quelques provisions dans les cartons de courses pour la suite de notre voyage.
Zucker me propose que nous préparions des galettes ensemble demain matin. Je trouve l'idée sympa. A posteriori, je ne suis pas sure qu'elle ne soit pas dénuée d'intentions légèrement manipulatrices. Pour cause... Au moment de nous réfugier sous notre tente, Bayaraa m'interpelle pour m'annoncer : "départ 9h, petit-déjeuner 8h30" sur un ton péremptoire. Ma réponse : "non". Ce soir, nous avons juste l'impression qu'ils (en tout cas Bayaraa) nous prennent pour des cons. Les rapports ne s'arrangent pas...
vendredi 22 août 2008
Sur les bords du lac Uureg, non loin de la Russie
Vendredi 22 août
Nous aurions bien fait la grasse matinée mais pas trop de temps pour profiter d'Ulaangom avant de repartir. Matinée tous les deux seuls, ça fait du bien. Nous n'avons RV qu'à midi, 11h heure locale. Les trois aimags (régions) de l'Ouest ont une heure de décalage avec le reste du pays mais nous sommes restés à l'heure d'UB.
Nous nous rendons au musée de l'aimag juste à côté de notre hôtel. Sur le chemin, les gens nous sourient, nous renseignent à l'approche du musée. Nous en sommes tout étonnés et ravis. Le musée est assez simple. Il présente les classiques animaux empaillés, la flore locale, quelques cartes de localisations de sites historiques (stèles, petroglyphes,...), des costumes traditionnels, un costume de chamane, quelques ustensiles et outils de la vie traditionnelle,... Une salle est consacrée à l'ancien dirigeant "communiste" Yu Tsedenbal (1952- 1984) né ici : des photos, quelques reliques,... Il aurait concentré ses efforts pour le développement d'une industrie lourde et agroalimentaire et fait adopter en 1960 une Constitution destinée à instaurer le socialisme dans tous les domaines. Une autre salle est consacrée au développement agricole, industrielle, technologique, scientifique,... de la région au cours du XXè siècle : des photos en noir et blanc à la gloire des grandes campagnes agricoles, des photos de salles d'opérations, de missions scientifiques, d'usines, des portraits de scientifique,... L'aimag est bordé en grande partie par la Russie, toute proche. Aujourd'hui, le plus étonnant est qu'il ne reste rien de cette période. En tout cas, nous avons plutôt eu le sentiment de traverser une région désertifiée, avec de rares bâtiments en ruines, et sans beaucoup de ressources.
Après ce petit épisode culturel, nos pas nous mènent vers le marché. A l'entrée, des carcasses de camion servent à abriter des joueurs de loto. Stéphane s'approche pour prendre des photos et l'un des mongols nous proposent de venir jouer. Nous déclinons l'invitation. Le marché est relativement grand et bien approvisionné en produits alimentaires et produits manufacturés (vêtements, ameublement, tissus,...).
A midi, nous retrouvons nos deux zo et zo, comme les appelle Stéphane, devant l'hôtel. Nous quittons la ville étonnament sur une route goudronnée. Plein de yourtes se sont rapprochées de la ville en perspective du retour à l'école des enfants en septembre. Nous quittons le route pour nous élever dans la montagne en passant le col rouge. Le paysage devient très montagneux, la terre localement rouge. Arrivés en haut, vue sur les montagnes enneigées de la chaine de l'Altai d'un côté et le lac d'Uuvs de l'autre. Un vent glacial souffle. A côté d'un grand ovoo, quatre osselets pour jouer et connaitre sa "chance" en fonction de la façon dont retombe les osselets. Visiblement, je suis la plus chanceuse : je tire un cheval, un chameau, un mouton et une chèvre !!!
En route vers le lac Uureg, nous nous arrêtons pour déjeuner en contrebas du col. Le vent souffle tellement que je me réfugie dans la voiture.
Arrivée au lac vers 16h. Stéphane espérait voir le site de pétroglyphes Mojo mais la route est "trop mauvaise" et c'est loin. Un nomade du coin nous propose de nous y emmener en moto pour la modique somme de 100$ chacun alors qu'il ne sait que très approximativement où c'est !!! On abandonne l'idée...
En surplomb du lac, nous plantons la tente en essayant de trouver un site un peu abrité du vent. Nous profitons de la fin d'après-midi pour nous promener au bord de l'eau dans les rochers. Le lac est entouré par des montagnes qui plongent dans l'eau. Au loin, nous apercevons les monts enneigés de la Russie. Diner tous les deux seuls dans la voiture pour se réchauffer puis sous la tente dès 20h30....
Nous aurions bien fait la grasse matinée mais pas trop de temps pour profiter d'Ulaangom avant de repartir. Matinée tous les deux seuls, ça fait du bien. Nous n'avons RV qu'à midi, 11h heure locale. Les trois aimags (régions) de l'Ouest ont une heure de décalage avec le reste du pays mais nous sommes restés à l'heure d'UB.
Nous nous rendons au musée de l'aimag juste à côté de notre hôtel. Sur le chemin, les gens nous sourient, nous renseignent à l'approche du musée. Nous en sommes tout étonnés et ravis. Le musée est assez simple. Il présente les classiques animaux empaillés, la flore locale, quelques cartes de localisations de sites historiques (stèles, petroglyphes,...), des costumes traditionnels, un costume de chamane, quelques ustensiles et outils de la vie traditionnelle,... Une salle est consacrée à l'ancien dirigeant "communiste" Yu Tsedenbal (1952- 1984) né ici : des photos, quelques reliques,... Il aurait concentré ses efforts pour le développement d'une industrie lourde et agroalimentaire et fait adopter en 1960 une Constitution destinée à instaurer le socialisme dans tous les domaines. Une autre salle est consacrée au développement agricole, industrielle, technologique, scientifique,... de la région au cours du XXè siècle : des photos en noir et blanc à la gloire des grandes campagnes agricoles, des photos de salles d'opérations, de missions scientifiques, d'usines, des portraits de scientifique,... L'aimag est bordé en grande partie par la Russie, toute proche. Aujourd'hui, le plus étonnant est qu'il ne reste rien de cette période. En tout cas, nous avons plutôt eu le sentiment de traverser une région désertifiée, avec de rares bâtiments en ruines, et sans beaucoup de ressources.
Après ce petit épisode culturel, nos pas nous mènent vers le marché. A l'entrée, des carcasses de camion servent à abriter des joueurs de loto. Stéphane s'approche pour prendre des photos et l'un des mongols nous proposent de venir jouer. Nous déclinons l'invitation. Le marché est relativement grand et bien approvisionné en produits alimentaires et produits manufacturés (vêtements, ameublement, tissus,...).
A midi, nous retrouvons nos deux zo et zo, comme les appelle Stéphane, devant l'hôtel. Nous quittons la ville étonnament sur une route goudronnée. Plein de yourtes se sont rapprochées de la ville en perspective du retour à l'école des enfants en septembre. Nous quittons le route pour nous élever dans la montagne en passant le col rouge. Le paysage devient très montagneux, la terre localement rouge. Arrivés en haut, vue sur les montagnes enneigées de la chaine de l'Altai d'un côté et le lac d'Uuvs de l'autre. Un vent glacial souffle. A côté d'un grand ovoo, quatre osselets pour jouer et connaitre sa "chance" en fonction de la façon dont retombe les osselets. Visiblement, je suis la plus chanceuse : je tire un cheval, un chameau, un mouton et une chèvre !!!
En route vers le lac Uureg, nous nous arrêtons pour déjeuner en contrebas du col. Le vent souffle tellement que je me réfugie dans la voiture.
Arrivée au lac vers 16h. Stéphane espérait voir le site de pétroglyphes Mojo mais la route est "trop mauvaise" et c'est loin. Un nomade du coin nous propose de nous y emmener en moto pour la modique somme de 100$ chacun alors qu'il ne sait que très approximativement où c'est !!! On abandonne l'idée...
En surplomb du lac, nous plantons la tente en essayant de trouver un site un peu abrité du vent. Nous profitons de la fin d'après-midi pour nous promener au bord de l'eau dans les rochers. Le lac est entouré par des montagnes qui plongent dans l'eau. Au loin, nous apercevons les monts enneigés de la Russie. Diner tous les deux seuls dans la voiture pour se réchauffer puis sous la tente dès 20h30....
Sur les bords du lac Uureg, non loin de la Russie
Vendredi 22 août
Nous aurions bien fait la grasse matinée mais pas trop de temps pour profiter d'Ulaangom avant de repartir. Matinée tous les deux seuls, ça fait du bien. Nous n'avons RV qu'à midi, 11h heure locale. Les trois aimags (régions) de l'Ouest ont une heure de décalage avec le reste du pays mais nous sommes restés à l'heure d'UB.
Nous nous rendons au musée de l'aimag juste à côté de notre hôtel. Sur le chemin, les gens nous sourient, nous renseignent à l'approche du musée. Nous en sommes tout étonnés et ravis. Le musée est assez simple. Il présente les classiques animaux empaillés, la flore locale, quelques cartes de localisations de sites historiques (stèles, petroglyphes,...), des costumes traditionnels, un costume de chamane, quelques ustensiles et outils de la vie traditionnelle,... Une salle est consacrée à l'ancien dirigeant "communiste" Yu Tsedenbal (1952- 1984) né ici : des photos, quelques reliques,... Il aurait concentré ses efforts pour le développement d'une industrie lourde et agroalimentaire et fait adopter en 1960 une Constitution destinée à instaurer le socialisme dans tous les domaines. Une autre salle est consacrée au développement agricole, industrielle, technologique, scientifique,... de la région au cours du XXè siècle : des photos en noir et blanc à la gloire des grandes campagnes agricoles, des photos de salles d'opérations, de missions scientifiques, d'usines, des portraits de scientifique,... L'aimag est bordé en grande partie par la Russie, toute proche. Aujourd'hui, le plus étonnant est qu'il ne reste rien de cette période. En tout cas, nous avons plutôt eu le sentiment de traverser une région désertifiée, avec de rares bâtiments en ruines, et sans beaucoup de ressources.
Après ce petit épisode culturel, nos pas nous mènent vers le marché. A l'entrée, des carcasses de camion servent à abriter des joueurs de loto. Stéphane s'approche pour prendre des photos et l'un des mongols nous proposent de venir jouer. Nous déclinons l'invitation. Le marché est relativement grand et bien approvisionné en produits alimentaires et produits manufacturés (vêtements, ameublement, tissus,...).
A midi, nous retrouvons nos deux zo et zo, comme les appelle Stéphane, devant l'hôtel. Nous quittons la ville étonnament sur une route goudronnée. Plein de yourtes se sont rapprochées de la ville en perspective du retour à l'école des enfants en septembre. Nous quittons le route pour nous élever dans la montagne en passant le col rouge. Le paysage devient très montagneux, la terre localement rouge. Arrivés en haut, vue sur les montagnes enneigées de la chaine de l'Altai d'un côté et le lac d'Uuvs de l'autre. Un vent glacial souffle. A côté d'un grand ovoo, quatre osselets pour jouer et connaitre sa "chance" en fonction de la façon dont retombe les osselets. Visiblement, je suis la plus chanceuse : je tire un cheval, un chameau, un mouton et une chèvre !!!
En route vers le lac Uureg, nous nous arrêtons pour déjeuner en contrebas du col. Le vent souffle tellement que je me réfugie dans la voiture.
Arrivée au lac vers 16h. Stéphane espérait voir le site de pétroglyphes Mojo mais la route est "trop mauvaise" et c'est loin. Un nomade du coin nous propose de nous y emmener en moto pour la modique somme de 100$ chacun alors qu'il ne sait que très approximativement où c'est !!! On abandonne l'idée...
En surplomb du lac, nous plantons la tente en essayant de trouver un site un peu abrité du vent. Nous profitons de la fin d'après-midi pour nous promener au bord de l'eau dans les rochers. Le lac est entouré par des montagnes qui plongent dans l'eau. Au loin, nous apercevons les monts enneigés de la Russie. Diner tous les deux seuls dans la voiture pour se réchauffer puis sous la tente dès 20h30....
Nous aurions bien fait la grasse matinée mais pas trop de temps pour profiter d'Ulaangom avant de repartir. Matinée tous les deux seuls, ça fait du bien. Nous n'avons RV qu'à midi, 11h heure locale. Les trois aimags (régions) de l'Ouest ont une heure de décalage avec le reste du pays mais nous sommes restés à l'heure d'UB.
Nous nous rendons au musée de l'aimag juste à côté de notre hôtel. Sur le chemin, les gens nous sourient, nous renseignent à l'approche du musée. Nous en sommes tout étonnés et ravis. Le musée est assez simple. Il présente les classiques animaux empaillés, la flore locale, quelques cartes de localisations de sites historiques (stèles, petroglyphes,...), des costumes traditionnels, un costume de chamane, quelques ustensiles et outils de la vie traditionnelle,... Une salle est consacrée à l'ancien dirigeant "communiste" Yu Tsedenbal (1952- 1984) né ici : des photos, quelques reliques,... Il aurait concentré ses efforts pour le développement d'une industrie lourde et agroalimentaire et fait adopter en 1960 une Constitution destinée à instaurer le socialisme dans tous les domaines. Une autre salle est consacrée au développement agricole, industrielle, technologique, scientifique,... de la région au cours du XXè siècle : des photos en noir et blanc à la gloire des grandes campagnes agricoles, des photos de salles d'opérations, de missions scientifiques, d'usines, des portraits de scientifique,... L'aimag est bordé en grande partie par la Russie, toute proche. Aujourd'hui, le plus étonnant est qu'il ne reste rien de cette période. En tout cas, nous avons plutôt eu le sentiment de traverser une région désertifiée, avec de rares bâtiments en ruines, et sans beaucoup de ressources.
Après ce petit épisode culturel, nos pas nous mènent vers le marché. A l'entrée, des carcasses de camion servent à abriter des joueurs de loto. Stéphane s'approche pour prendre des photos et l'un des mongols nous proposent de venir jouer. Nous déclinons l'invitation. Le marché est relativement grand et bien approvisionné en produits alimentaires et produits manufacturés (vêtements, ameublement, tissus,...).
A midi, nous retrouvons nos deux zo et zo, comme les appelle Stéphane, devant l'hôtel. Nous quittons la ville étonnament sur une route goudronnée. Plein de yourtes se sont rapprochées de la ville en perspective du retour à l'école des enfants en septembre. Nous quittons le route pour nous élever dans la montagne en passant le col rouge. Le paysage devient très montagneux, la terre localement rouge. Arrivés en haut, vue sur les montagnes enneigées de la chaine de l'Altai d'un côté et le lac d'Uuvs de l'autre. Un vent glacial souffle. A côté d'un grand ovoo, quatre osselets pour jouer et connaitre sa "chance" en fonction de la façon dont retombe les osselets. Visiblement, je suis la plus chanceuse : je tire un cheval, un chameau, un mouton et une chèvre !!!
En route vers le lac Uureg, nous nous arrêtons pour déjeuner en contrebas du col. Le vent souffle tellement que je me réfugie dans la voiture.
Arrivée au lac vers 16h. Stéphane espérait voir le site de pétroglyphes Mojo mais la route est "trop mauvaise" et c'est loin. Un nomade du coin nous propose de nous y emmener en moto pour la modique somme de 100$ chacun alors qu'il ne sait que très approximativement où c'est !!! On abandonne l'idée...
En surplomb du lac, nous plantons la tente en essayant de trouver un site un peu abrité du vent. Nous profitons de la fin d'après-midi pour nous promener au bord de l'eau dans les rochers. Le lac est entouré par des montagnes qui plongent dans l'eau. Au loin, nous apercevons les monts enneigés de la Russie. Diner tous les deux seuls dans la voiture pour se réchauffer puis sous la tente dès 20h30....
jeudi 21 août 2008
D'Uuvs à Ulaangom ou quand la coupe déborde...
Jeudi 21 août
Dure journée... Désolée pour le message un peu long, ça nous permet de décompresser un peu ;)Réveil sans soleil ce matin. Il a visiblement décidé de bouder.Stéphane reprend un peu les choses en main. Il a regardé hier soir les guides pour savoir ce que nous pouvions voir sur la route. Il discute avec Bayaraa pour aller voir les dunes de sable, pas celles d'Altan Els mais bon ! Une petite trentaine de kilomètres plus loin, une piste semble aller vers le Nord, à l'intérieur des dunes de Boorog Deliyn. Arrivés au village, renseignements pris, la route est bloquée à une dizaine de kilomètres par les dunes. Nous demandons juste à avancer un peu, sans aller aussi loin qu'imaginé. Mais très vite, les choses tournent mal et le ton monte. Pour Bayaraa, la route est trop difficile. Puis l'essence a augmenté. C'est un des arguments ressorti quasi quotidiennement, sachant que nous leur avons dit que tous les suppléments d'essence sont bien sur à notre charge. Puis, nous les avons déjà vus et même dormi à côté... Effectivement, nous avons dormi à côté de dunes végétalisées, pas vraiment du sable à perte de vue. Et comme à chaque fois que nous posons une question à notre interprète, celui-ci plonge dans un mutisme profond. Ce qui est pour le moins agacant, il baisse la tête et ne dit plus mot. Je ne peux m'empêcher d'intervenir en lui faisant remarquer que le silence ne fera pas progresser la situation. Et nous essayons d'arrondir les angles et de reprendre sur un ton jovial en parlant musique. Depuis le début du voyage, nos journées en voiture sont bercées par 5 cassettes passées en boucle de variété mongole ou de variété anglophone des années 80. Certaines chansons mongoles sont devenues familières à force de les entendre...Zucker s'arrête finalement au bord de dunes. De guerre lasse, nous préférons en profiter et marcher un peu dans les dunes. Assez étonnant de se retrouver dans un désert sous la pluie. Depuis ce matin, une petite pluie fine nous accompagne et une brume impressionnante recouvre les montagnes sur notre gauche.Nous voilà repartis. Nous traversons une grande zone plane bordée au nord par les dunes puis par le lac et au sud par la chaine de montagne Han Hohiyn. Dunes et plans d'eau verdoyant se côtoient. La région est anciennement une mer intérieure qui à la suite d'un tremblement de terre est devenue une vaste dépression occupée par des lacs d'eau salée et par cette chaine de montagnes. De temps en temps, quelques yourtes, quelques troupeaux et quelques chevaux, toujours aussi rares. Pour la première fois, nous apercevons des cadavres et des squelettes de chèvres au bord de la piste.Direction le lac d'eau salée Uuvs. Tout d'un coup, nous apprenons que nous nous rendons dans un camp. Nous apercevons une grande masse blanche au loin. Stéphane sent que nous n'allons rien voir et fait arrêter la voiture. Merci le Lonely Planet et le GPS !!! Une fois encore, nous partons marcher seuls vers le lac. Les bords sont une poubelle géante. Le soleil tente une brève apparition qui donne de jolies couleurs vertes. Le lac est le plus grand de Mongolie, une véritable petite mer intérieure de plus de 3000 km2 entourée par des marais. C'est aussi la zone au climat le plus continental du pays : - 33°C en moyenne en janvier avec un record de -57°C en 1974, et souvent +40°C en été. Depuis 1994, le lac appartient à la zone protégée d'Uuvs Nuur qui comprend aussi les dunes et 2 autres zones. Le lac attire des milliers d'oiseaux mais ils ne sont pas au rendez-vous aujourd'hui.Nous nous arrêtons au camp : pas un touriste, pas de restaurant, pas de douche,... Changement de programme, nous mangeons ici sous la yourte "restaurant" avec notre propre bouffe avant de repartir pour Ulaangom. Sur la route, nous avons la chance de voir 2 arcs en ciel. La pluie ne nous a pas quitté depuis ce matin, même si le soleil tente des apparitions sans franc succès.Arrivée à Ulaangom sous la pluie et un vent de sable. La vision est apocalyptique. La ville, sans charme, basse, grise, prend un air sinistré encore plus marqué. Bayarra nous emmène dans un hôtel au centre ville, rien de très excitant mais une chambre avec une douche chaude le soir et en ville. Jusqu'ici les choses semblent simples. Et retournement de situation, on redescend, il nous propose de chercher ailleurs ce que nous déclinons. En fait, Zucker ne veut pas dormir ici car aucun parking ne permet de laisser la voiture. Les voilà partis à la recherche d'un garage. Coup de fil : ils ont trouvé un autre hôtel et ne reviennent pas. Stéphane (et moi...) commence à saturer vraiment de ces méthodes. Il gère la situation car je craque totalement. Je vous passe les détails. Soirée pourrie. Pas de réponse aux questions, Stéphane les laisse dans la voiture devant notre hôtel. Nous les retrouvons au même endroit 2h30 plus tard. Ils nous attendent pour manger. Pour info, pendant tout le voyage, nous prenons en charge leur gite et leur couvert...Pendant le diner, ce que je pressentais depuis plusieurs jours, Bayaraa nous demande s'il est possible qu'ils repartent d'Olgii dès dimanche matin alors que notre programme prévoit une arrivée à Olgii en fin de journée. Là, je ne peux m'empêcher d'intervenir en expliquant que les méthodes ne sont pas correctes. Avec comme petite phrase qui fait déborder le vase, le mien en tout cas : "nous avons fait ce que vous vouliez les autres jours" !!! Jusqu'à preuve du contraire, il s'agit de notre voyage....Avant même le départ d'UB, Zucker a fait savoir que les journées consacrées au trajet Moron - Olgii était trop juste et qu'il fallait absolument ajouter une journée supplémentaire à prendre sur le reste du programme, ce que nous avons fait sans souci. La raison apparait ce soir très claire... Et nous en avons plus que marre de ces façons de nous annoncer des éléments totalement loin de la réalité et des nécessités du voyage. Ce soir, nous avons plus que hâte d'être à Olgii et de voir nos routes prendre des chemins différents. Ils savent être charmants quand ils veulent mais là c'en est trop ! Après une douche froide pour moi, une dernière petite bataille de Stéphane : avoir de l'eau chaude pour se laver. Et au lit... bien mérité !
Dure journée... Désolée pour le message un peu long, ça nous permet de décompresser un peu ;)Réveil sans soleil ce matin. Il a visiblement décidé de bouder.Stéphane reprend un peu les choses en main. Il a regardé hier soir les guides pour savoir ce que nous pouvions voir sur la route. Il discute avec Bayaraa pour aller voir les dunes de sable, pas celles d'Altan Els mais bon ! Une petite trentaine de kilomètres plus loin, une piste semble aller vers le Nord, à l'intérieur des dunes de Boorog Deliyn. Arrivés au village, renseignements pris, la route est bloquée à une dizaine de kilomètres par les dunes. Nous demandons juste à avancer un peu, sans aller aussi loin qu'imaginé. Mais très vite, les choses tournent mal et le ton monte. Pour Bayaraa, la route est trop difficile. Puis l'essence a augmenté. C'est un des arguments ressorti quasi quotidiennement, sachant que nous leur avons dit que tous les suppléments d'essence sont bien sur à notre charge. Puis, nous les avons déjà vus et même dormi à côté... Effectivement, nous avons dormi à côté de dunes végétalisées, pas vraiment du sable à perte de vue. Et comme à chaque fois que nous posons une question à notre interprète, celui-ci plonge dans un mutisme profond. Ce qui est pour le moins agacant, il baisse la tête et ne dit plus mot. Je ne peux m'empêcher d'intervenir en lui faisant remarquer que le silence ne fera pas progresser la situation. Et nous essayons d'arrondir les angles et de reprendre sur un ton jovial en parlant musique. Depuis le début du voyage, nos journées en voiture sont bercées par 5 cassettes passées en boucle de variété mongole ou de variété anglophone des années 80. Certaines chansons mongoles sont devenues familières à force de les entendre...Zucker s'arrête finalement au bord de dunes. De guerre lasse, nous préférons en profiter et marcher un peu dans les dunes. Assez étonnant de se retrouver dans un désert sous la pluie. Depuis ce matin, une petite pluie fine nous accompagne et une brume impressionnante recouvre les montagnes sur notre gauche.Nous voilà repartis. Nous traversons une grande zone plane bordée au nord par les dunes puis par le lac et au sud par la chaine de montagne Han Hohiyn. Dunes et plans d'eau verdoyant se côtoient. La région est anciennement une mer intérieure qui à la suite d'un tremblement de terre est devenue une vaste dépression occupée par des lacs d'eau salée et par cette chaine de montagnes. De temps en temps, quelques yourtes, quelques troupeaux et quelques chevaux, toujours aussi rares. Pour la première fois, nous apercevons des cadavres et des squelettes de chèvres au bord de la piste.Direction le lac d'eau salée Uuvs. Tout d'un coup, nous apprenons que nous nous rendons dans un camp. Nous apercevons une grande masse blanche au loin. Stéphane sent que nous n'allons rien voir et fait arrêter la voiture. Merci le Lonely Planet et le GPS !!! Une fois encore, nous partons marcher seuls vers le lac. Les bords sont une poubelle géante. Le soleil tente une brève apparition qui donne de jolies couleurs vertes. Le lac est le plus grand de Mongolie, une véritable petite mer intérieure de plus de 3000 km2 entourée par des marais. C'est aussi la zone au climat le plus continental du pays : - 33°C en moyenne en janvier avec un record de -57°C en 1974, et souvent +40°C en été. Depuis 1994, le lac appartient à la zone protégée d'Uuvs Nuur qui comprend aussi les dunes et 2 autres zones. Le lac attire des milliers d'oiseaux mais ils ne sont pas au rendez-vous aujourd'hui.Nous nous arrêtons au camp : pas un touriste, pas de restaurant, pas de douche,... Changement de programme, nous mangeons ici sous la yourte "restaurant" avec notre propre bouffe avant de repartir pour Ulaangom. Sur la route, nous avons la chance de voir 2 arcs en ciel. La pluie ne nous a pas quitté depuis ce matin, même si le soleil tente des apparitions sans franc succès.Arrivée à Ulaangom sous la pluie et un vent de sable. La vision est apocalyptique. La ville, sans charme, basse, grise, prend un air sinistré encore plus marqué. Bayarra nous emmène dans un hôtel au centre ville, rien de très excitant mais une chambre avec une douche chaude le soir et en ville. Jusqu'ici les choses semblent simples. Et retournement de situation, on redescend, il nous propose de chercher ailleurs ce que nous déclinons. En fait, Zucker ne veut pas dormir ici car aucun parking ne permet de laisser la voiture. Les voilà partis à la recherche d'un garage. Coup de fil : ils ont trouvé un autre hôtel et ne reviennent pas. Stéphane (et moi...) commence à saturer vraiment de ces méthodes. Il gère la situation car je craque totalement. Je vous passe les détails. Soirée pourrie. Pas de réponse aux questions, Stéphane les laisse dans la voiture devant notre hôtel. Nous les retrouvons au même endroit 2h30 plus tard. Ils nous attendent pour manger. Pour info, pendant tout le voyage, nous prenons en charge leur gite et leur couvert...Pendant le diner, ce que je pressentais depuis plusieurs jours, Bayaraa nous demande s'il est possible qu'ils repartent d'Olgii dès dimanche matin alors que notre programme prévoit une arrivée à Olgii en fin de journée. Là, je ne peux m'empêcher d'intervenir en expliquant que les méthodes ne sont pas correctes. Avec comme petite phrase qui fait déborder le vase, le mien en tout cas : "nous avons fait ce que vous vouliez les autres jours" !!! Jusqu'à preuve du contraire, il s'agit de notre voyage....Avant même le départ d'UB, Zucker a fait savoir que les journées consacrées au trajet Moron - Olgii était trop juste et qu'il fallait absolument ajouter une journée supplémentaire à prendre sur le reste du programme, ce que nous avons fait sans souci. La raison apparait ce soir très claire... Et nous en avons plus que marre de ces façons de nous annoncer des éléments totalement loin de la réalité et des nécessités du voyage. Ce soir, nous avons plus que hâte d'être à Olgii et de voir nos routes prendre des chemins différents. Ils savent être charmants quand ils veulent mais là c'en est trop ! Après une douche froide pour moi, une dernière petite bataille de Stéphane : avoir de l'eau chaude pour se laver. Et au lit... bien mérité !
mercredi 20 août 2008
Les dunes manquées
Mercredi 20 août
Nuit pas très reposante pour moi. J'aurais bien dormi un peu plus ce matin quand la douce chaleur du soleil est enfin venue réchauffer la tente.
Au petit-déjeuner, Zucker a préparé ses fameuses galettes pour lesquelles nous avions acheté 3 kg de farine à UB. Cela ressemble à des beignets plats. C'est bon mais un peu gras.
Bayaraa nous annonce que ce soir nous dormons dans les "dunes dorées". En repartant, nous réalisons que nous avons fait une erreur de jugement hier soir, derrière la forêt se cachait une rivière ;)...
Longue route aujourd'hui encore. Le paysage change plus nettement puisque nous approchons de zones plus désertiques. La steppe se fait plus aride, une très mince couche de végétation recouvre le sable, les arbres disparaissent pour laisser place à des hauts buissons épineux. De temps en temps encore, des forêts de résineux sur les côtés plus montagneux. A trois reprises, nous voyons au loin des feux de forêt. Toujours aussi peu de monde et de voitures. Le no man's land continue. De temps en temps, une yourte perdue au milieu de nulle part, un troupeau qui erre seul,...
La population se regroupent en village. Elle est essentiellement composée par l'ethnie des Bayad. Le village de Tes, le plus important, était à l'époque stalinienne un grand centre d'agriculture. Il reste des traces de ce passé glorieux : quelques bâtiments en dur qui servaient à stocker les récoltes. Aujourd'hui, il ne reste plus que des ruines. Nous en profitons pour faire le plein d'essence et d'eau.
La piste reprend, entièrement en sable et bordée par des buissons et de jolies fleurs fuschias. Nous longeons un long moment les "dunes de sable" de Boorog Deliin. C'est le désert situé le plus au nord du monde. Nous nous attendions à voir des dunes de sable mais en fait, elles sont recouvertes d'une végétation rase. Les "vraies" dunes, celles d'Altan Els, les "dunes dorées", nous ne les verrons pas. Nous comprenons trop tard que Bayaraa a décidé pour nous que comme c'était payant et qu'il fallait une autorisation pour entrer dans cette zone protégée, nous n'y allons pas. L'ambiance est à nouveau tendue. Grand silence dans la voiture. Bayaraa soutient mordicus que les dunes qu'ils nous montrent, presque vertes, sont les dunes dorées. De plus, quand Stéphane pose des questions, il ne répond pas ou évasivement. Quant à moi, depuis quelques jours, je suis devenue transparente les 3/4 du temps. Bilan, nous ne faisons que longer cette zone désertique. Dommage ! Nous sommes un peu déçus d'être passés si prêt sans rien voir.
Nous nous arrêtons quand même pour camper, l'heure ayant bien avancé et la nuit tombant assez vite ici. Nous en profitons pour explique à nouveau à Bayaraa que c'est à nous de faire les choix, de décider si nous dépensons ou non des sous pour voir telle ou telle chose,... en bref que c'est NOTRE voyage. Il est assez susceptible donc ce n'est pas simple de lui expliquer ce que nous ressentons.
Pendant ce temps, Zucker nous prépare un plat de gaines de sarazin avec des pommes de terre. Nous avons l'impression de manger des galettes bretonnes. Heureusement que nos deux compères sont compliqués chacun leur tour et pas en même temps !
La soirée se termine autour d'un jeu de carte.
Nuit pas très reposante pour moi. J'aurais bien dormi un peu plus ce matin quand la douce chaleur du soleil est enfin venue réchauffer la tente.
Au petit-déjeuner, Zucker a préparé ses fameuses galettes pour lesquelles nous avions acheté 3 kg de farine à UB. Cela ressemble à des beignets plats. C'est bon mais un peu gras.
Bayaraa nous annonce que ce soir nous dormons dans les "dunes dorées". En repartant, nous réalisons que nous avons fait une erreur de jugement hier soir, derrière la forêt se cachait une rivière ;)...
Longue route aujourd'hui encore. Le paysage change plus nettement puisque nous approchons de zones plus désertiques. La steppe se fait plus aride, une très mince couche de végétation recouvre le sable, les arbres disparaissent pour laisser place à des hauts buissons épineux. De temps en temps encore, des forêts de résineux sur les côtés plus montagneux. A trois reprises, nous voyons au loin des feux de forêt. Toujours aussi peu de monde et de voitures. Le no man's land continue. De temps en temps, une yourte perdue au milieu de nulle part, un troupeau qui erre seul,...
La population se regroupent en village. Elle est essentiellement composée par l'ethnie des Bayad. Le village de Tes, le plus important, était à l'époque stalinienne un grand centre d'agriculture. Il reste des traces de ce passé glorieux : quelques bâtiments en dur qui servaient à stocker les récoltes. Aujourd'hui, il ne reste plus que des ruines. Nous en profitons pour faire le plein d'essence et d'eau.
La piste reprend, entièrement en sable et bordée par des buissons et de jolies fleurs fuschias. Nous longeons un long moment les "dunes de sable" de Boorog Deliin. C'est le désert situé le plus au nord du monde. Nous nous attendions à voir des dunes de sable mais en fait, elles sont recouvertes d'une végétation rase. Les "vraies" dunes, celles d'Altan Els, les "dunes dorées", nous ne les verrons pas. Nous comprenons trop tard que Bayaraa a décidé pour nous que comme c'était payant et qu'il fallait une autorisation pour entrer dans cette zone protégée, nous n'y allons pas. L'ambiance est à nouveau tendue. Grand silence dans la voiture. Bayaraa soutient mordicus que les dunes qu'ils nous montrent, presque vertes, sont les dunes dorées. De plus, quand Stéphane pose des questions, il ne répond pas ou évasivement. Quant à moi, depuis quelques jours, je suis devenue transparente les 3/4 du temps. Bilan, nous ne faisons que longer cette zone désertique. Dommage ! Nous sommes un peu déçus d'être passés si prêt sans rien voir.
Nous nous arrêtons quand même pour camper, l'heure ayant bien avancé et la nuit tombant assez vite ici. Nous en profitons pour explique à nouveau à Bayaraa que c'est à nous de faire les choix, de décider si nous dépensons ou non des sous pour voir telle ou telle chose,... en bref que c'est NOTRE voyage. Il est assez susceptible donc ce n'est pas simple de lui expliquer ce que nous ressentons.
Pendant ce temps, Zucker nous prépare un plat de gaines de sarazin avec des pommes de terre. Nous avons l'impression de manger des galettes bretonnes. Heureusement que nos deux compères sont compliqués chacun leur tour et pas en même temps !
La soirée se termine autour d'un jeu de carte.
mardi 19 août 2008
A travers les steppes
Mardi 19 août
A l'ombre d'une falaise, nous en profitons pour dormir un peu plus tard.
Longue journée de voiture à travers les steppes. Nous traversons des zones montagneuses, la piste est difficile. Comme hier, nous ne croisons presque personne, quelques rares voitures. Les nomades semblent avoir déserté cette région. Seules quelques yourtes et des bergers apparaissent occasionnellement. Même les troupeaux sont rares. Nous avons un peu l'impression de traverser des kilomètres durant un no man's land.
Une exception, perdue au milieu de nulle part, une yourte "jardin d'enfants". Deux femmes accueillent une dizaine d'enfants des bergers du coin. Le plus jeune semble avoir 6 mois, le plus âgé 6-7 ans. Ils sont là pour la journée et retournent dans leur famille le soir. En contre partie, les bergers donnent des produits laitiers, pas d'argent. La yourte est aménagée pour eux avec des jeux, des dessins accrochés, des planches illustrées et un "panier de basket" à l'extérieur. Nous avons l'autorisation de rentrer sous la yourte et de prendre des photos. Les enfants ont le sourire, des petites filles chantent pour nous. L'accueil est agréable et les deux dames souriantes à notre égard. Nous avons emporté des stylos et crayons de Paris, nous trouvons que l'endroit est idéal pour en donner pour les enfants. Ils ont l'air content de ce modeste cadeau. Il faut dire que la ville la plus proche est loin et les moyens de se ravitailler difficiles.
Nous reprenons notre route jusqu'au village de Tsetserleg (même nom mais pas la même région que celui où nous étions il y a une dizaine de jour). Zucker cherche à remplir le réservoir de la voiture. Ici, une station essence ressemble à une cuve posée à même le sol avec une pompe à main, voire à des bidons remplis d'essence. La discussion fuse, nous croyons comprendre que Zucker discute le prix. L'essence a augmenté ces derniers jours, d'autant plus que nous sommes dans une zone reculée. Sachant que la voiture consomme en moyenne 17 litre au 100 km, ça fait tout de suite une différence. Du coup, Zucker ne prend qu'une dizaine de litres versés dans le réservoir à l'aide d'un grand broc et d'une bouteille plastique en guise d'entonnoir. Authentique !!!
Traversée du village, les constructions sont en bois, avec des palissades. Nous voilà à nouveau sur la piste. Les nomades réapparaissent en petit nombre et les troupeaux aussi : moutons, chèvres, vaches, quelques chevaux.
Pour une fois, nous campons près des arbres, aucune rivière à l'horizon. Arrivée à notre campement à 18h30, diner à 19h15. Pas en grande forme ce soir car je suis à nouveau un peu malade. Et Stéphane est fatigué. Sous la tente à 20h... Excitante soirée !!!
A l'ombre d'une falaise, nous en profitons pour dormir un peu plus tard.
Longue journée de voiture à travers les steppes. Nous traversons des zones montagneuses, la piste est difficile. Comme hier, nous ne croisons presque personne, quelques rares voitures. Les nomades semblent avoir déserté cette région. Seules quelques yourtes et des bergers apparaissent occasionnellement. Même les troupeaux sont rares. Nous avons un peu l'impression de traverser des kilomètres durant un no man's land.
Une exception, perdue au milieu de nulle part, une yourte "jardin d'enfants". Deux femmes accueillent une dizaine d'enfants des bergers du coin. Le plus jeune semble avoir 6 mois, le plus âgé 6-7 ans. Ils sont là pour la journée et retournent dans leur famille le soir. En contre partie, les bergers donnent des produits laitiers, pas d'argent. La yourte est aménagée pour eux avec des jeux, des dessins accrochés, des planches illustrées et un "panier de basket" à l'extérieur. Nous avons l'autorisation de rentrer sous la yourte et de prendre des photos. Les enfants ont le sourire, des petites filles chantent pour nous. L'accueil est agréable et les deux dames souriantes à notre égard. Nous avons emporté des stylos et crayons de Paris, nous trouvons que l'endroit est idéal pour en donner pour les enfants. Ils ont l'air content de ce modeste cadeau. Il faut dire que la ville la plus proche est loin et les moyens de se ravitailler difficiles.
Nous reprenons notre route jusqu'au village de Tsetserleg (même nom mais pas la même région que celui où nous étions il y a une dizaine de jour). Zucker cherche à remplir le réservoir de la voiture. Ici, une station essence ressemble à une cuve posée à même le sol avec une pompe à main, voire à des bidons remplis d'essence. La discussion fuse, nous croyons comprendre que Zucker discute le prix. L'essence a augmenté ces derniers jours, d'autant plus que nous sommes dans une zone reculée. Sachant que la voiture consomme en moyenne 17 litre au 100 km, ça fait tout de suite une différence. Du coup, Zucker ne prend qu'une dizaine de litres versés dans le réservoir à l'aide d'un grand broc et d'une bouteille plastique en guise d'entonnoir. Authentique !!!
Traversée du village, les constructions sont en bois, avec des palissades. Nous voilà à nouveau sur la piste. Les nomades réapparaissent en petit nombre et les troupeaux aussi : moutons, chèvres, vaches, quelques chevaux.
Pour une fois, nous campons près des arbres, aucune rivière à l'horizon. Arrivée à notre campement à 18h30, diner à 19h15. Pas en grande forme ce soir car je suis à nouveau un peu malade. Et Stéphane est fatigué. Sous la tente à 20h... Excitante soirée !!!
lundi 18 août 2008
A la recherche du tabouret perdu
Lundi 18 août
10h30, pile poil à l'heure avec nos sacs sur le pas de la porte de notre guesthouse. Mais personne à l'horizon. Une demi-heure plus tard, nos deux compères se ramènent. Nous sommes passablement énervés mais pas un mot vu les difficultés qu'on rencontre déjà avec eux !
Au programme, faire le plein de bouffe avant de partir pour l'Ouest. Petit tour au supermarché puis au marché. Pas de chance, c'est le jour de fermeture. Nous sommes déçus car nous avions commandé un tabouret en bois peint. Bayaraa demande aux gens près de l'entrée du marché s'ils ne savent pas où nous pourrions trouver les vendeurs dans la ville. Une adresse nous est donnée : 4-17-4. Nous voilà partis à la recherche du tabouret dans toute la ville, le système de numérotation des rues semble pourtant simple : numéro de bloc, numéro de rue, numéro de porte. 3/4 heure plus tard, nous finissons par trouver une adresse qui semble correspondre mais ce n'est pas ça. Pas de tabouret, nous verrons à UB !
Déjeuner en ville avant de repartir. Nous retrouvons les pistes défoncées. La route est encore plus difficile car nous entrons dans une zone montagneuse. Les paysages sont légèrement différents : plus élevés, plus rocheux, plus verts aussi. La vallée est très encaissée. Nous longeons une rivière assez large. Les animaux et les yourtes se font plus rares voire quasi inexistants. Même les marmottes, nombreuses jusque là, semblent avoir désertées ! Seules les fleurs occupent l'espace.
Vers 16h, Zucker décide de s'arrêter. Installation du campement au bord, devinez quoi, d'une rivière !!! Le paysage est joli mais une fois encore, nous nous demandons pourquoi nous sommes toujours dans des zones dépourvues de vies. Même les animaux sont absents, c'est dire. La fin d'après-midi se passe lentement. Stéphane en profite pour lire au bord de l'eau, Zucker part pêcher. Au diner, le poisson fumé acheté hier et le produit de la pêche du jour. Après plusieurs tentatives, pour la première fois, Zucker a pêché quelque chose. Il nous prépare le poisson pendant que nous nous lançons dans la réalisation d'une purée. Nous sommes encore en train de manger quand nos deux compagnons, sans un mot, partent le long de la rivière. Ils reviennent à la nuit tombée, nous avons déjà rejoint notre tente....
10h30, pile poil à l'heure avec nos sacs sur le pas de la porte de notre guesthouse. Mais personne à l'horizon. Une demi-heure plus tard, nos deux compères se ramènent. Nous sommes passablement énervés mais pas un mot vu les difficultés qu'on rencontre déjà avec eux !
Au programme, faire le plein de bouffe avant de partir pour l'Ouest. Petit tour au supermarché puis au marché. Pas de chance, c'est le jour de fermeture. Nous sommes déçus car nous avions commandé un tabouret en bois peint. Bayaraa demande aux gens près de l'entrée du marché s'ils ne savent pas où nous pourrions trouver les vendeurs dans la ville. Une adresse nous est donnée : 4-17-4. Nous voilà partis à la recherche du tabouret dans toute la ville, le système de numérotation des rues semble pourtant simple : numéro de bloc, numéro de rue, numéro de porte. 3/4 heure plus tard, nous finissons par trouver une adresse qui semble correspondre mais ce n'est pas ça. Pas de tabouret, nous verrons à UB !
Déjeuner en ville avant de repartir. Nous retrouvons les pistes défoncées. La route est encore plus difficile car nous entrons dans une zone montagneuse. Les paysages sont légèrement différents : plus élevés, plus rocheux, plus verts aussi. La vallée est très encaissée. Nous longeons une rivière assez large. Les animaux et les yourtes se font plus rares voire quasi inexistants. Même les marmottes, nombreuses jusque là, semblent avoir désertées ! Seules les fleurs occupent l'espace.
Vers 16h, Zucker décide de s'arrêter. Installation du campement au bord, devinez quoi, d'une rivière !!! Le paysage est joli mais une fois encore, nous nous demandons pourquoi nous sommes toujours dans des zones dépourvues de vies. Même les animaux sont absents, c'est dire. La fin d'après-midi se passe lentement. Stéphane en profite pour lire au bord de l'eau, Zucker part pêcher. Au diner, le poisson fumé acheté hier et le produit de la pêche du jour. Après plusieurs tentatives, pour la première fois, Zucker a pêché quelque chose. Il nous prépare le poisson pendant que nous nous lançons dans la réalisation d'une purée. Nous sommes encore en train de manger quand nos deux compagnons, sans un mot, partent le long de la rivière. Ils reviennent à la nuit tombée, nous avons déjà rejoint notre tente....
dimanche 17 août 2008
Back to Moron
Dimanche 17 août
Au petit matin, beaucoup d'agitation en dehors de la yourte. Des bruits, des pas,... Je pressens quelques chose d'étrange. Cela me réveille mais je me rendors. Nous profitons de cette journée plus calme pour faire la grasse matinée. Mais, à 10h30, Bayaraa vient frapper à notre porte. Il se demande ce qu'on fait et souhaite revoir l'itinéraire des jours à venir. Ca ne sera que la 3è ou 4è fois que nous en discutons ! Et il faut encore remettre les choses au clair !
L'ambiance dans le camp est étrange ce matin. Nous apprenons qu'un des touristes israéliens est décédé au petit matin. Il semble qu'il ait eu un accident vasculo-cérébral. Je fais immédiatement le lien avec l'agitation entendue quelques heures plus tôt. Le silence règne sur le camp. Je n'ose même pas imaginer ce que vivent la quinzaine d'israéliens, les femmes portent leur lunettes de soleil pour cacher leur larmes. Le soleil a décidé de ne pas se montrer et laisse place à une pluie fine. Tout est gris, morne, pesant. Nous partons nous promener le long du lac, prendre un peu l'air. Je me sens un peu perturbée par cet événement. Avant de reprendre la route pour Moron, nous déjeunons au camp. La manager du camp est une femme charmante, pleine d'attention et de mots gentils, souriante. Elle nous souhaite un bon voyage. Stéphane lui promet de dire bonjour au lac Uuvs de sa part, région où elle vit quand elle ne travaille pas au camp. Cette brève rencontre nous réchauffe le cœur. Et ce matin, cela fait du bien...
Après à peine 1h30 de route et moins de 50 km, nous revoilà à Khatgal au sud du lac. (Pour mémoire, plus de 2h30 de discussion pour obtenir de notre chauffeur de faire ce trajet A/R en 4 jours !!!!). Nous passons au "port" acheter du poisson fumé. Une agitation règne au milieu des quelques échoppes : vendeuses de myrtilles, billard installé au bord de l'eau, chevaux, minibus,.... Arrêt aussi à la "shop" du village où Bayaraa a repéré l'équivalent de notre "vache qui rit" : nous n'en avions pas trouvé à Moron car il semble que ce soit une denrée fortement recherché par les touristes. Et finalement, nous les comprenons, un peu de fromage, même pas terrible, c'est chouette !
Sur la route de Moron, un petit détour nous permet d'aller voir le site d'Uushigiin Uver. Ce lieu regroupe 14 stèles de cervidés datant de l'âge de bronze (4000-3500 av J.C.). Ce sont de grands blocs de pierre sur lesquels sont gravés des animaux stylisés, en particulier des rennes, et des symboles comme le soleil et la lune.C'est l'ensemble le plus intéressant de la région. Les stèles sont relativement bien conservées, dans un décor de steppe qui les met en valeur.
Au loin, nous apercevons Moron. Diner tous les 4 dans un guanz. Eux dorment dans une guesthouse à l'écart du centre-ville tandis que nous, nous avons trouvé une chambre dans une guesthouse au centre. RV est donné pour demain matin. Nous profitons de notre "temps libre" pour marcher un peu dans la ville mais très vite, nos pas nous mènent vers l'internet café ouvert. Petit moment de connexion au monde : nos mails, l'actualité grâce aux pages du Monde, quelques infos pour un hôtel à Pékin puis nous rejoignons notre chambre.
Au petit matin, beaucoup d'agitation en dehors de la yourte. Des bruits, des pas,... Je pressens quelques chose d'étrange. Cela me réveille mais je me rendors. Nous profitons de cette journée plus calme pour faire la grasse matinée. Mais, à 10h30, Bayaraa vient frapper à notre porte. Il se demande ce qu'on fait et souhaite revoir l'itinéraire des jours à venir. Ca ne sera que la 3è ou 4è fois que nous en discutons ! Et il faut encore remettre les choses au clair !
L'ambiance dans le camp est étrange ce matin. Nous apprenons qu'un des touristes israéliens est décédé au petit matin. Il semble qu'il ait eu un accident vasculo-cérébral. Je fais immédiatement le lien avec l'agitation entendue quelques heures plus tôt. Le silence règne sur le camp. Je n'ose même pas imaginer ce que vivent la quinzaine d'israéliens, les femmes portent leur lunettes de soleil pour cacher leur larmes. Le soleil a décidé de ne pas se montrer et laisse place à une pluie fine. Tout est gris, morne, pesant. Nous partons nous promener le long du lac, prendre un peu l'air. Je me sens un peu perturbée par cet événement. Avant de reprendre la route pour Moron, nous déjeunons au camp. La manager du camp est une femme charmante, pleine d'attention et de mots gentils, souriante. Elle nous souhaite un bon voyage. Stéphane lui promet de dire bonjour au lac Uuvs de sa part, région où elle vit quand elle ne travaille pas au camp. Cette brève rencontre nous réchauffe le cœur. Et ce matin, cela fait du bien...
Après à peine 1h30 de route et moins de 50 km, nous revoilà à Khatgal au sud du lac. (Pour mémoire, plus de 2h30 de discussion pour obtenir de notre chauffeur de faire ce trajet A/R en 4 jours !!!!). Nous passons au "port" acheter du poisson fumé. Une agitation règne au milieu des quelques échoppes : vendeuses de myrtilles, billard installé au bord de l'eau, chevaux, minibus,.... Arrêt aussi à la "shop" du village où Bayaraa a repéré l'équivalent de notre "vache qui rit" : nous n'en avions pas trouvé à Moron car il semble que ce soit une denrée fortement recherché par les touristes. Et finalement, nous les comprenons, un peu de fromage, même pas terrible, c'est chouette !
Sur la route de Moron, un petit détour nous permet d'aller voir le site d'Uushigiin Uver. Ce lieu regroupe 14 stèles de cervidés datant de l'âge de bronze (4000-3500 av J.C.). Ce sont de grands blocs de pierre sur lesquels sont gravés des animaux stylisés, en particulier des rennes, et des symboles comme le soleil et la lune.C'est l'ensemble le plus intéressant de la région. Les stèles sont relativement bien conservées, dans un décor de steppe qui les met en valeur.
Au loin, nous apercevons Moron. Diner tous les 4 dans un guanz. Eux dorment dans une guesthouse à l'écart du centre-ville tandis que nous, nous avons trouvé une chambre dans une guesthouse au centre. RV est donné pour demain matin. Nous profitons de notre "temps libre" pour marcher un peu dans la ville mais très vite, nos pas nous mènent vers l'internet café ouvert. Petit moment de connexion au monde : nos mails, l'actualité grâce aux pages du Monde, quelques infos pour un hôtel à Pékin puis nous rejoignons notre chambre.
samedi 16 août 2008
Chez les Tsataan
Samedi 16 août
La nuit fut humide mais heureusement, le soleil a décidé de montrer le bout de son nez ce matin, suffisamment pour sécher nos affaires avant de toute remballer.
Nous voilà repartis à travers la forêt. Nous ne comprenons toujours pas comment les arbres peuvent être à ce point abîmés. Par endroits, on a l'impression qu'il y a eu un cataclysme. Les arbres sont à terre, déracinés, coupés, calcinés,... A ce niveau du lac, la forêt est moins pentue et laisse place par endroits à des clairières. Peu de temps après le départ, notre guide s'arrête en nous expliquant que l'herbe est bonne pour les chevaux et que nous devons les laisser manger. Pas de souci. A peine descendu, notre guide s'allonge dans l'herbe et s'endort... A chaque fois, nous devons le réveiller pour reprendre la route. C'est un vieux monsieur très gentil, toujours habillé de son del, de sa ceinture orange et de son grand chapeau.
Nous arrivons dans une yourte. On se demande ce qu'il se passe puisque nous sommes censés aller voir une famille tsataan. C'est la pause thé ! Nous l'accompagnons à l'intérieur. Toujours ce sentiment de voyager dans le temps, de remonter quelques décennies. C'est un monde tellement loin du notre. Le confort est inexistant, la saleté est omniprésente, l'eau est une denrée rare,... Les animaux entourent la yourte : moutons, chèvres, chevaux, vaches,...
Le vent s'est levé, l'orage gronde au loin, des moutons se forment sur les vagues, le lac se fait plus bruyant,... Nous craignons de finir sous la pluie. Heureusement, nous finissons par repartir et atteindre la famille tsataan.
Les Tsataan sont un peuple éleveur de rennes. Ils vivent normalement au Nord-Ouest du lac, pas loin de la frontière avec la Russie. Avec le réchauffement climatique, ils ont tendance à remonter de plus en plus vers la Russie. Car chez les Tsataan, l'homme suit l'animal et non l'inverse. Pendant l'été, une des familles a compris l'intérêt de venir s'installer près du lac pour profiter des subsides du tourisme. Un tipi, une dizaine de rennes, une boutique d'artisanat et surtout la moindre photo payante, voilà de quoi tirer un peu de sous des nombreux touristes qui visitent la région du lac. La règle du jeu de l'offre et de la demande est arrivée jusqu'ici !!! Nous nous attendions pas vraiment à autre chose donc nous ne sommes pas déçus, nous les avions déjà surnommés les "tsataan à touristes" ! On poursuit notre route à cheval le long du lac. Le soleil est revenu. Nous profitons du paysage, la forêt sur notre droite et le lac sur notre gauche, accompagnés par le cri des mouettes. Les couleurs sont plus belles à cette heure.
Cette fois, pas de souci pour retrouver nos deux compagnons, ils nous attendent au même endroit que ce matin. Nous reprenons la route en jeep. Ce soir, c'est fête ! Nous sommes dans un camp pour touriste au bord du lac, le Blue Pearl. Le bonheur de dormir dans un vrai lit avec des draps propres, de prendre une douche chaude, de manger correctement, de jouer au ping-pong, au billard, de voir du monde, d'entendre de la musique, de recharger les batteries des appareils,... C'est apaisant. Surtout que demain, rien de prévu donc journée de repos avant de reprendre la route en direction d'Olgii dans l'Ouest.
La nuit fut humide mais heureusement, le soleil a décidé de montrer le bout de son nez ce matin, suffisamment pour sécher nos affaires avant de toute remballer.
Nous voilà repartis à travers la forêt. Nous ne comprenons toujours pas comment les arbres peuvent être à ce point abîmés. Par endroits, on a l'impression qu'il y a eu un cataclysme. Les arbres sont à terre, déracinés, coupés, calcinés,... A ce niveau du lac, la forêt est moins pentue et laisse place par endroits à des clairières. Peu de temps après le départ, notre guide s'arrête en nous expliquant que l'herbe est bonne pour les chevaux et que nous devons les laisser manger. Pas de souci. A peine descendu, notre guide s'allonge dans l'herbe et s'endort... A chaque fois, nous devons le réveiller pour reprendre la route. C'est un vieux monsieur très gentil, toujours habillé de son del, de sa ceinture orange et de son grand chapeau.
Nous arrivons dans une yourte. On se demande ce qu'il se passe puisque nous sommes censés aller voir une famille tsataan. C'est la pause thé ! Nous l'accompagnons à l'intérieur. Toujours ce sentiment de voyager dans le temps, de remonter quelques décennies. C'est un monde tellement loin du notre. Le confort est inexistant, la saleté est omniprésente, l'eau est une denrée rare,... Les animaux entourent la yourte : moutons, chèvres, chevaux, vaches,...
Le vent s'est levé, l'orage gronde au loin, des moutons se forment sur les vagues, le lac se fait plus bruyant,... Nous craignons de finir sous la pluie. Heureusement, nous finissons par repartir et atteindre la famille tsataan.
Les Tsataan sont un peuple éleveur de rennes. Ils vivent normalement au Nord-Ouest du lac, pas loin de la frontière avec la Russie. Avec le réchauffement climatique, ils ont tendance à remonter de plus en plus vers la Russie. Car chez les Tsataan, l'homme suit l'animal et non l'inverse. Pendant l'été, une des familles a compris l'intérêt de venir s'installer près du lac pour profiter des subsides du tourisme. Un tipi, une dizaine de rennes, une boutique d'artisanat et surtout la moindre photo payante, voilà de quoi tirer un peu de sous des nombreux touristes qui visitent la région du lac. La règle du jeu de l'offre et de la demande est arrivée jusqu'ici !!! Nous nous attendions pas vraiment à autre chose donc nous ne sommes pas déçus, nous les avions déjà surnommés les "tsataan à touristes" ! On poursuit notre route à cheval le long du lac. Le soleil est revenu. Nous profitons du paysage, la forêt sur notre droite et le lac sur notre gauche, accompagnés par le cri des mouettes. Les couleurs sont plus belles à cette heure.
Cette fois, pas de souci pour retrouver nos deux compagnons, ils nous attendent au même endroit que ce matin. Nous reprenons la route en jeep. Ce soir, c'est fête ! Nous sommes dans un camp pour touriste au bord du lac, le Blue Pearl. Le bonheur de dormir dans un vrai lit avec des draps propres, de prendre une douche chaude, de manger correctement, de jouer au ping-pong, au billard, de voir du monde, d'entendre de la musique, de recharger les batteries des appareils,... C'est apaisant. Surtout que demain, rien de prévu donc journée de repos avant de reprendre la route en direction d'Olgii dans l'Ouest.
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