samedi 2 août 2008

A cheval, enfin !

Lundi 28 juillet

Réveil agréable sous la tente. Il fait beau, surtout il ne pleut pas. Nos hôtes sont sûrement déjà levés depuis un moment. La petite fille nous appelle : notre petit-déjeuner nous attend sous la yourte. Au menu, thé aux fruits, pain, et crème de lait. Certaine, que je ne nommerais pas, se serait damnée pour manger celle préparée par sa grand-mère. Ici, la quantité est telle que cela en devient presque écœurant. Les mongols la préparent tous les jours avec le produit de la traite du soir. Ils l'utilisent un peu comme du beurre, en la tartinant sur du pain avec du sucre. Personnellement, je me contente de la manger à la petite cuillère. Stéphane y goute mais ce n'est visiblement pas son truc. Au programme de la journée, balade à cheval pour aller visiter un temple dans la montagne. Nos hôtes préparent les chevaux.

On observe les coutumes locales en la matière. Et nous voilà partis avec Chuca et les deux garçons dont je n'ai malheureusement jamais réussi à retenir le nom. Je ne me sens pas très à l'aise. Les selles mongoles sont absolument inconfortables et, encore, je crois que j'ai eu de la chance.

On avance doucement à travers un paysage de bois et de rivière. En fait, on repasse par le "bus stop" puis on longe la route un long moment.
Cette partie n'est pas très agréable. Les enfants ont envie de galoper, je ne me sens pas prête. L'aller se fera au pas, de temps en temps au petit trop. A l'approche du temple, le paysage change. On s'enfonce un peu dans la montagne, dans de grandes étendues vertes et rocailleuses.
On croise des chevaux, des cavaliers, des moutons,... C'est beau.

Le temple est perché, nous devons parcourir quelques centaines de mètres à pied et franchir un pont suspendu sur lequel seule une personne à la fois est autorisée à marcher. Les enfants nous accompagnent. L'ambiance avec eux se fait plus douce. L'aîné des deux semblait jusque là vouloir
prouver quelque chose, du genre "c'est moi le chef". Assez pénible comme comportement, surtout avec moi, avec qui ça ne fonctionne pas du tout. Arrivés au pied du temple, il nous reste 108 marches à grimper ! Les enfants trottent devant nous tout en essayant de nous faire avancer toujours plus vite. En haut des marches, les enfants nous demandent nos prénoms, cela les fait sourire. Ils répètent nos prénoms pour les retenir, nous les redemande sans cesse. Ce simple moment d'échange est agréable. Nous visitons le temple, l'intérieur est ouvert. Les couleurs sont belles. Quelques personnes sont montées jusque là pour prier. Le lieu semble être aussi un lieu de rassemblement pour la méditation.

Beaucoup de choses nous échappent car nous ne connaissons rien de cette religion mais on se laisse charmer par les couleurs et la finesse du travail des matériaux. Et bien sur par le site. La vue d'ici est magnifique : la vallée en contre bas, les rochers gravés au dessus-de nous, le pont suspendu,... On retrouve Chuca en bas, allongé près d'un arbre.Il a gardé les chevaux. A nouveau sur nos montures, retour par le même chemin. Je me sens un peu plus à l'aise et je m'essaye au trop et au galop. Les enfants sont ravis, ils ne demandent que ça. Chuca est beaucoup plus
paisible et moins pressant. Je me sens plus rassurée quand il est prêt de nous. Très vite, quand nous retrouvons des espaces moins boisés, Stéphane part avec les garçons pour faire de grands galops pendant que moi j'avance à mon rythme. Chu Chu, voilà le maitre-mot pour faire
avancer les chevaux mongols, sans oublier, une sorte de lanière qui sert de cravache pour leur fouetter la croupe. Pas vraiment les mêmes habitudes que chez nous. Les chevaux d'ici semblent beaucoup moins dressés pour répondre aux jambes.
Je finis le trajet par de grands galops avec Stéphane tandis que les enfants sont partis devant. Je commence tout doucement à prendre mes marques et à retrouver quelques sensations connues.
Un déjeuner nous attend, préparé par la femme de Chuca. Le menu ne varie guère : bol de pâtes avec du mouton et thé. Une fois encore, nous mangeons seuls....
Nous profitons du soleil de la fin d'après-midi pour se poser puis se promener le long de la rivière, au milieu des moutons, chèvres, vaches, boeufs et chevaux en liberté. Ce moment nous permet de discuter, d'échanger nos perceptions sur ce que nous vivons et sur comment nous envisageons la suite du voyage. On se pose un moment à la tente mais une "clochette" chanté par les enfants nous appellent pour dîner. On mange seuls, enfin presque. Les deux garçons nous rejoignent un moment mais partent presque aussi vite qu'ils sont arrivés, leur bol à la main. Le menu est le même qu'à midi sous forme de bouillon. Ce soir, cerise sur le gâteau, la femme nous apporte gentiment un dessert, du yaourt fait maison. C'est très bon. Stéphane en redemande...
On passe la soirée à jouer aux cartes avec la petite fille puis à se prendre en photo avec Chuca et sa femme. Puis on rejoint rapidement notre "petite bulle"...