samedi 23 août 2008

En passant par le lac Achit

Samedi 23 août
Le soleil est timide ce matin. Zucker a préparé des galettes pour le petit-déjeuner. J'en profite pour lui demander la recette.
Nous quittons le lac Ureeg pour rejoindre le lac Achit. Sur la route, nous nous arrêtons pour voir des stèles gravées de figure humaine. Sur l'une d'elle, un pétroglyphe d'un cavalier à cheval. Stéphane est impressionné par la finesse des dessins et des gravures. Cela représente tant d'heures de travail tellement la pierre est dure, pour l'époque. On observe aussi des tombes de forme carrée et, ce qui semble être la tombe d'un dignitaire autour de laquelle seraient enterrés ses hommes, le tout dans un cercle dans lequel s'inscrit une croix représentant le soleil.

Pour rejoindre le lac, nous passons par la montagne. La piste est très difficile, nous roulons à moins de 5 km/h. La voiture avance petit à petit vers le col. Le paysage est très sec, les couleurs plus jaunes. En chemin, nous croisons cinq militaires garde-frontières avec la Russie. Plus exactement, ils surveillent les incursions des Touvas qui viennent voler des bêtes en Mongolie. (Et inversement, les Mongols volent des bêtes en Russie !) Apparemment, ils ont capturé un cheval blessé des Touvas. C'est quasiment les seules personnes que nous croiserons de la journée !
Bref arrêt au col où au passage d'un ovoo, notre chauffeur klaxonne trois fois. Visiblement, ça remplace les trois tours autour ! Nous descendons progressivement, la piste s'adoucit, le paysage reprend des couleurs vertes. Tout d'un coup, un village apparait. C'est assez étonnant car il ne ressemble en rien à ceux que nous avons déjà croisé. Nous sommes déjà en territoire kazakh. Les maisons sont en dur, certainement en pierre et en brique, les palissades autour des maisons aussi. Le bois est inexistant. Le tout est très délabré. Le village est situé à côté d'une mine de charbon à ciel ouvert. L'ensemble est sinistre, tout gris dans des paysages assez ternes.
Nous approchons du lac. Stéphane, voyant que la voiture tend à le contourner, demande de s'arrêter pour manger. Cette technique permet de calmer le jeu. Nous sentons une embrouille en perspective par rapport au fait qu'ils veulent atteindre Olgii le plus tôt possible. Quand Stéphane pose quelques questions sur notre lieu de camping et sur notre envie de voir le lac, Bayaraa alterne entre le silence et l'énervement. Ca devient de plus en plus délirant...
Nous atteignons enfin la rive. Malheureusement, les moustiques et le vent ne nous permettent pas de camper à cet endroit. C'est dommage, le lieu est joli. Le lac Achit est très différent du lac Uureg. Les bords sont en pente douce, des "plages" bordent certains côtés, les montagnes sont plus éloignées, le cadre est à la fois plus vert et plus sablonneux. Nous décidons de nous réfugier dans la montagne. La pluie nous accompagne un moment. Stéphane trouve une enclave dans les rochers pour planter la tente. Le cadre rocheux est magnifique, surtout qu'en fin d'après-midi, le soleil se décide à briller et les pierres prennent une belle couleur dorée.
Stéphane part se promener. Il grimpe. Du milieu des rochers, il profite d'une splendide vue sur le lac. Pendant ce temps, zo et zo dorment dans la voiture. Du coup, je me repose et prépare la tente. Vers 20h, n'entendant rien, nous sortons de la tente pour préparer à manger. Zo et zo jouent au carte dans leur tente. Ils nous disent ne pas avoir mangé et qu'en gros, on ne peut rien préparer car il n'y a plus d'eau !!! Je trouve une bouteille et nous décidons de préparer de succulentes patates et carottes à l'eau ! Je leur en propose, aucune réponse. Tout d'un coup, je m'aperçois que des pelures de patates et d'oignon trainent juste à côté de la voiture. Eh oui, ils ont déjà mangé ! Bonne ambiance !!! Peu importe, notre tambouille cuit, on teste notre réchaud et prenons quelques provisions dans les cartons de courses pour la suite de notre voyage.
Zucker me propose que nous préparions des galettes ensemble demain matin. Je trouve l'idée sympa. A posteriori, je ne suis pas sure qu'elle ne soit pas dénuée d'intentions légèrement manipulatrices. Pour cause... Au moment de nous réfugier sous notre tente, Bayaraa m'interpelle pour m'annoncer : "départ 9h, petit-déjeuner 8h30" sur un ton péremptoire. Ma réponse : "non". Ce soir, nous avons juste l'impression qu'ils (en tout cas Bayaraa) nous prennent pour des cons. Les rapports ne s'arrangent pas...