Quelques difficultés à écrire depuis 3 jours, nous reprenons le fil de nos aventures...
Mercredi 27 août
Départ comme prévu le matin. Avant de quitter Olgii, nous devons accomplir quelques formalités administratives pour obtenir un permis de circuler en zone frontalière. La route est encore plus mauvaise que d'habitude. Et, nous avons laissé zo et zo et leur confortable jeep japonaise contre un guide aux abords plus sympathiques et sa jeep russe d'une autre époque. Imaginez un mélange de montagnes russes, d'auto-tamponneuse et de rodéo et vous aurez une idée de ce que nous ressentons assis à l'arrière de la jeep. Ca tourne, ça saute, ça freine, ça cogne (même la tête contre le plafond, heureusement un peu capitonné),...
Pour le déjeuner, nous sommes conviés chez un de ses cousins. Heureusement que nous nous arrêtons car la grêle tombe fortement. Le village est assez différent de ce que nous avons vu jusqu'alors : tout petit, des maisons basses en brique de terre, quelques yourtes, des hommes en train de ramasser les bouses d'animaux. Nous découvrons les yourtes kazakhes : beaucoup plus spacieuses et beaucoup plus hautes. Une vrai sensation d'espace. Une femme et ses filles nous préparent du choux au mouton. Stéphane apprécie cette nouvelle recette, moi j'ai toujours autant de mal avec le fort gout du mouton.
Avant de continuer plus à l'Ouest, nous devons nous enregistrer au poste des gardes frontières. Au milieu de nulle part, nous reprenons de l'essence. C'est toujours étonnant de voir des postes essences perdus dans la steppe ou les montagnes. On se demande vraiment comment ils sont ravitaillés.
Nous nous dirigeons vers la frontière la plus à l'Ouest du pays. Vers 16h, nous sommes pris dans une tempête de neige. Très vite, la steppe se recouvre d'un blanc manteau et nous ne voyons plus grand chose. Les traces de la piste disparaissent progressivement et la route devient glissante. Sans nous concerter, nous sommes de plus en plus inquiets car la situation empire très vite. Au bout d'une heure, nous atteignons la yourte d'une famille chez qui nous nous réfugions. Ouf ! La neige tombe toujours. Nous restons sous la yourte jusqu'à 21h, assis sur le bord d'un lit. Les enfants jouent dehors : bonhomme de neige et bataille de boules de neige. Stéphane tente de sortir mais le froid tombe très vite. Ils nous offrent du thé au lait, des bugnes, de la crème,... Les activités de la famille continuent malgré la neige : rassemblement des animaux, traite,... Ne voyant rien se préparer à manger, nous optons pour de l'eau chaude et nos nouilles chinoises. Nous mangeons devant eux, c'est un peu étrange. Nous sentons que nous sommes un centre d'intérêt mais aucun échange n'a lieu.
Finalement, voyant que nous tombons de fatigue, Erkhiin nous propose d'installer notre couchage. On déballe nos matelas et nos duvets. Nous nous couchons par terre sous leurs yeux alors qu'ils n'ont pas mangé et qu'ils continuent de discuter. Je suis frigorifiée, le poêle de la yourte ne suffit pas à me réchauffer. La situation est pour le moins étrange, nous avons un peu peur pour les jours à suivre...