Mercredi 13 août
Première matinée où nous sommes en "ville"... Ca change. Enfin un peu de vie, d'activités, d'humains autour de nous... Je crois que découvrir un pays, c'est aussi découvrir ce monde-là, pas seulement les paysages et la nature.
Nous nous promenons un peu dans cette atmosphère étrange d'une ville entre développement et décrépitude. C'est une ville basse où les constructions sont majoritairement en bois. Une grande place centrale démesurément déserte conserve un côté désuet et suranné. Au programme, réparation du pneu crevé ou l'art du rafistolage en 2 temps 3 mouvements et courses au marché ou l'art de vendre de tout. En premier lieu, courses alimentaires pour les 4 jours à venir et déambulation dans les allées. Stéphane commande un petit tabouret en bois peint typique de la Mongolie. Nous verrons s'il est prêt à notre retour !
Déjeuner dans l'hôtel de la ville puis en route pour le lac, au sud dans le village de Khatgal.
Après quelques hésitations, nous nous posons chez Bayarla avec qui Stéphane avait été en contact par mail de France. Nous organisons un circuit de 3 jours à cheval en remontant plus au nord. Et là, les choses prennent une tournure inattendue. Nous demandons à nos deux compagnons de nous retrouver chaque soir avec la voiture pour être avec eux et éviter d'avoir à porter tout le matériel. Refus de notre chauffeur : ce n'est pas dans le "programme". S'ensuivent 2h30 de discussion, coups de fil à Emeline, énervement, lassitude, incompréhension,... Il y a au maximum 120 km à faire en 4 jours... Nous craquons et sommes sur le point de décider de rentrer à Oulan-Bator tellement les rapports deviennent conflictuels. Puis, au dernier moment, retournement de situation : les choses s'arrangent. Je tends la main à Zucker pour essayer d'arrondir les angles et de repartir, une fois encore, dans de meilleures conditions. Cela se termine par des accolades amicales. C'est à n'y rien comprendre et à devenir fou, parfois,...
Nous dinons tous les 4 dans un guanz, sorte de gargote locale. Le diner se passe à la bougie, la moitié de la carte est indisponible, le service est d'une lenteur sans pareille mais la soirée est sympathique. Nous discutons écritures et en particulier de l'écriture traditionnelle mongole, mais aussi des rapports hommes-femmes et de la prostitution qui se développe à UB.
Une calligraphie représentant un cheval accrochée au mur a tapé dans l'œil de Stéphane. Zucker propose de la prendre en photo pour la recopier. En blaguant, je propose qu'on l'achète. Nos 2 compagnons disparaissent un moment et reviennent en nous annonçant un prix, un geste fort sympathique au regard des dernières heures. Stéphane repart avec son œuvre sous le bras ;) C'est son cadeau d'anniversaire !