Jeudi 21 août
Dure journée... Désolée pour le message un peu long, ça nous permet de décompresser un peu ;)Réveil sans soleil ce matin. Il a visiblement décidé de bouder.Stéphane reprend un peu les choses en main. Il a regardé hier soir les guides pour savoir ce que nous pouvions voir sur la route. Il discute avec Bayaraa pour aller voir les dunes de sable, pas celles d'Altan Els mais bon ! Une petite trentaine de kilomètres plus loin, une piste semble aller vers le Nord, à l'intérieur des dunes de Boorog Deliyn. Arrivés au village, renseignements pris, la route est bloquée à une dizaine de kilomètres par les dunes. Nous demandons juste à avancer un peu, sans aller aussi loin qu'imaginé. Mais très vite, les choses tournent mal et le ton monte. Pour Bayaraa, la route est trop difficile. Puis l'essence a augmenté. C'est un des arguments ressorti quasi quotidiennement, sachant que nous leur avons dit que tous les suppléments d'essence sont bien sur à notre charge. Puis, nous les avons déjà vus et même dormi à côté... Effectivement, nous avons dormi à côté de dunes végétalisées, pas vraiment du sable à perte de vue. Et comme à chaque fois que nous posons une question à notre interprète, celui-ci plonge dans un mutisme profond. Ce qui est pour le moins agacant, il baisse la tête et ne dit plus mot. Je ne peux m'empêcher d'intervenir en lui faisant remarquer que le silence ne fera pas progresser la situation. Et nous essayons d'arrondir les angles et de reprendre sur un ton jovial en parlant musique. Depuis le début du voyage, nos journées en voiture sont bercées par 5 cassettes passées en boucle de variété mongole ou de variété anglophone des années 80. Certaines chansons mongoles sont devenues familières à force de les entendre...Zucker s'arrête finalement au bord de dunes. De guerre lasse, nous préférons en profiter et marcher un peu dans les dunes. Assez étonnant de se retrouver dans un désert sous la pluie. Depuis ce matin, une petite pluie fine nous accompagne et une brume impressionnante recouvre les montagnes sur notre gauche.Nous voilà repartis. Nous traversons une grande zone plane bordée au nord par les dunes puis par le lac et au sud par la chaine de montagne Han Hohiyn. Dunes et plans d'eau verdoyant se côtoient. La région est anciennement une mer intérieure qui à la suite d'un tremblement de terre est devenue une vaste dépression occupée par des lacs d'eau salée et par cette chaine de montagnes. De temps en temps, quelques yourtes, quelques troupeaux et quelques chevaux, toujours aussi rares. Pour la première fois, nous apercevons des cadavres et des squelettes de chèvres au bord de la piste.Direction le lac d'eau salée Uuvs. Tout d'un coup, nous apprenons que nous nous rendons dans un camp. Nous apercevons une grande masse blanche au loin. Stéphane sent que nous n'allons rien voir et fait arrêter la voiture. Merci le Lonely Planet et le GPS !!! Une fois encore, nous partons marcher seuls vers le lac. Les bords sont une poubelle géante. Le soleil tente une brève apparition qui donne de jolies couleurs vertes. Le lac est le plus grand de Mongolie, une véritable petite mer intérieure de plus de 3000 km2 entourée par des marais. C'est aussi la zone au climat le plus continental du pays : - 33°C en moyenne en janvier avec un record de -57°C en 1974, et souvent +40°C en été. Depuis 1994, le lac appartient à la zone protégée d'Uuvs Nuur qui comprend aussi les dunes et 2 autres zones. Le lac attire des milliers d'oiseaux mais ils ne sont pas au rendez-vous aujourd'hui.Nous nous arrêtons au camp : pas un touriste, pas de restaurant, pas de douche,... Changement de programme, nous mangeons ici sous la yourte "restaurant" avec notre propre bouffe avant de repartir pour Ulaangom. Sur la route, nous avons la chance de voir 2 arcs en ciel. La pluie ne nous a pas quitté depuis ce matin, même si le soleil tente des apparitions sans franc succès.Arrivée à Ulaangom sous la pluie et un vent de sable. La vision est apocalyptique. La ville, sans charme, basse, grise, prend un air sinistré encore plus marqué. Bayarra nous emmène dans un hôtel au centre ville, rien de très excitant mais une chambre avec une douche chaude le soir et en ville. Jusqu'ici les choses semblent simples. Et retournement de situation, on redescend, il nous propose de chercher ailleurs ce que nous déclinons. En fait, Zucker ne veut pas dormir ici car aucun parking ne permet de laisser la voiture. Les voilà partis à la recherche d'un garage. Coup de fil : ils ont trouvé un autre hôtel et ne reviennent pas. Stéphane (et moi...) commence à saturer vraiment de ces méthodes. Il gère la situation car je craque totalement. Je vous passe les détails. Soirée pourrie. Pas de réponse aux questions, Stéphane les laisse dans la voiture devant notre hôtel. Nous les retrouvons au même endroit 2h30 plus tard. Ils nous attendent pour manger. Pour info, pendant tout le voyage, nous prenons en charge leur gite et leur couvert...Pendant le diner, ce que je pressentais depuis plusieurs jours, Bayaraa nous demande s'il est possible qu'ils repartent d'Olgii dès dimanche matin alors que notre programme prévoit une arrivée à Olgii en fin de journée. Là, je ne peux m'empêcher d'intervenir en expliquant que les méthodes ne sont pas correctes. Avec comme petite phrase qui fait déborder le vase, le mien en tout cas : "nous avons fait ce que vous vouliez les autres jours" !!! Jusqu'à preuve du contraire, il s'agit de notre voyage....Avant même le départ d'UB, Zucker a fait savoir que les journées consacrées au trajet Moron - Olgii était trop juste et qu'il fallait absolument ajouter une journée supplémentaire à prendre sur le reste du programme, ce que nous avons fait sans souci. La raison apparait ce soir très claire... Et nous en avons plus que marre de ces façons de nous annoncer des éléments totalement loin de la réalité et des nécessités du voyage. Ce soir, nous avons plus que hâte d'être à Olgii et de voir nos routes prendre des chemins différents. Ils savent être charmants quand ils veulent mais là c'en est trop ! Après une douche froide pour moi, une dernière petite bataille de Stéphane : avoir de l'eau chaude pour se laver. Et au lit... bien mérité !