samedi 20 septembre 2008

La Cité interdite et ses jardins

Samedi 20 septembre
Ca y est, aujourd'hui on se lance : direction la Cité interdite...
Que raconter ? Tout a été déjà été dit sur ce lieu mythique. Quelques mots tout de même.
Yongle, de la dynastie Ming, ordonna la construction de la résidence impériale (1406-1420) en mobilisant un million de travailleurs. Pour montrer la puissance et la richesse de l'empereur tout en reconnaissant l'infériorité des humains face aux dieux, elle comporte 9999 salles soit une de moins que le palais céleste de l'empereur de Jade. Les 800 bâtiments sont répartis sur 72 ha. La plupart des monuments visibles aujourd'hui sont postérieurs au XVIIIè siècle. La Cité, bâtie en bois, a souvent souffert des incendies, dont 6 grands sinistres qui ont réduit à néant certains bâtiments. La Cité interdite a été la résidence de 14 empereurs Ming et 10 souverains Qing. Nombreux sont ceux qui se sont laisser griser par la magnificence du palais au détriment de leur rôle politique et peu soucieux du peuple. Ainsi, pendant 5 siècles, les murs et les douves de la Cité ont séparé l'empereur du peuple. Admirablement conservé, le palais a été ouvert au public pour la première fois en 1949. Il y a 8 ans encore, les caisses étaient différenciées pour les touristes et les locaux. Aujourd'hui, tout le monde paye le même tarif, aligné sur celui des touristes. C'est ça l'ouverture au marché !!!
Comme on s'y attendait, les touristes sont au rendez-vous en nombre... J'ai gardé dans la tête l'image d'une Cité interdite quasi déserte. Le changement est saisissant. Là encore, les touristes s'agglutinent pour apercevoir l'intérieur des palais. C'est fatigant. Heureusement, dès qu'on quitte l'axe nord-sud en s'éparpillant dans les palais latéraux, il y a moins de monde. De nouvelles salles ont été ouvertes et aménagées en musée thématique. La Cité est impressionnante par ses dimensions. On marche de cour en cour, de palais en palais à travers les multiples passages et portes. Après le côté rectiligne de la Cité, le jardin impérial offre une vision différente du monde des empereurs, plus frivole, plus léger et agréable. Mais il est envahi de tellement de monde qu'il est difficile d'y voir quelque chose et d'en profiter.
On ressort par la porte Nord pour se rendre au parc Beihai, véritable poumon vert de Pékin. Le parc a été conçu au XIIè siècle pour l'agrément des seigneurs mongols. Avec les autres lacs, il formait un immense "parc interdit", à la lisière de la Cité. Ouvert au public en 1924, il est aujourd'hui un des lieux de promenade préférés des Pékinois. Au centre du parc, l'île des Hortensias, promontoire artificiel où trône un insolite dagoba blanc de style tibétain (1651), permet d'avoir une belle vue sur les lacs. Stéphane grimpe pendant que je l'attends au bord de l'eau. De petits bateaux glissent sur l'eau. Le lac est recouvert de fleurs de lotus. C'est beau et impressionnant.
Avant que le soleil ne se couche, on file au parc Jingshan connu aussi sous le nom de parc de la colline de charbon. Situé juste en face de la porte Nord de la Cité interdite, la colline formée à partir de la terre sortie lors du creusement des douves, offre une belle vue sur les toits dorés de la Cité. Malgré la fatigue, on grimpe jusqu'en haut mais la météo a décidé de ne pas être très clémente. On ne voit pas bien loin, le ciel est gris et brumeux. Dommage !
Avant de rentrer à l'hôtel, on décide de faire un saut au "Silk market" dans le quartier de Yonganli. Anciennement connu sous le nom de rue de la soie, il a été transformé en centre commercial où les cars déversent leur flot de touristes. On trouve de tout et n'importe quoi. Nous sommes déçus et repartons à l'hôtel bredouilles et fatigués. De dépit, nous n'avons pas la force de chercher un chouette endroit pour dîner et nous entrons dans le premier MacDo venu.