Mardi 16 septembre
Réveil dans notre maison traditionnelle avec vue sur le jardin. Pour la deuxième fois en quatre jours, on file au Bureau de la Sécurité Publique pour prolonger nos visas. Dans un bâtiment très moderne avec des guichets partout, une foule de gens circule en tous sens. C'est comme à la Sécu, on doit prendre un ticket et attendre... Au guichet de renseignements n°38, un agent nous indique une autre agent qui parle anglais. Quelques brefs échanges de mots pour nous dire qu'un visa de transit n'est absolument pas prolongeable et que nous devons quitter le territoire avant jeudi... Nous tentons d'expliquer notre situation et ce que les services de l'ambassade de Chine à Oulan-Bator nous ont dit : rien à faire, "C'est votre problème" ! Elle ne nous écoute que d'une oreille et ne veut rien savoir. Je commence à paniquer. La seule solution qui se profile est d'acheter un nouveau billet car le notre n'est pas modifiable ou de payer une amende de 50 € par personne et par jour de dépassement du visa. On essaie plusieurs autres services, tous nous renvoient au guichet 38. Et, pas de chance, l'agent "porte de prison" ne bouge pas. Nous ne pouvons même pas essayer de nous adresser à quelqu'un d'autre car elle contrôle l'accès à tous les guichets "foreigners visas". On ne voit pas de solution. En Mongolie, certains nous ont conseillé de demander notre prolongation de visas ailleurs qu'à Pékin car c'est en général plus facile mais les délais sont trop courts pour envisager une telle solution. Stéphane suggère de nous rendre à l'ambassade de France. On attrape un taxi pour Sanlitun, le quartier des ambassades, où on arrive une petite demi-heure avant la fermeture de l'accueil du public à 13h. Une jeune femme nous écoute gentiment mais n'a aucune solution à nous proposer. Les règles d'attribution des visas changent tous les jours et les services de l'ambassade n'en sont pas avisés. Les villes les plus proches où l'on peut trouver un bureau de la Sécurité Publique sont à 1 heure de train ou 1h30 d'avion !!! Elle nous apprend juste que nous sommes tombés sur l'Agent qui met des bâtons dans les roues à tous les Français. Pas de bol ! Les autorités chinoises ne sont pas très compréhensives avec les Français en ce moment.
On attrape un taxi pour retourner au Bureau de la Sécurité Publique. L'empêcheuse de tourner en rond n'est plus là. On décide de tenter le coup. Je trouve une dame qui m'explique en anglais qu'il nous faut une copie de notre billet, un formulaire à remplir et... un formulaire d'enregistrement de l'hôtel. Stéphane file à l'hôtel où nous logerons à partir de demain pendant que je fais la queue. Mon tour arrive, Stéphane n'est pas revenu. Au guichet, je demande juste une prolongation de visa en donnant tous mes papiers mais le formulaire d'enregistrement manque. J'attends Stéphane discrètement à côté du guichet. Une bonne heure plus tard, il revient avec une attestation de paiement. Cela ne convient pas, il faut le formulaire d'enregistrement de l'hôtel où nous logeons ce soir. Le voilà reparti ! J'attends toujours sans quitter mon guichet et l'agent qui me semble compréhensible. Elle ne m'a pas envoyé sur les roses aux premiers mots, je prends ça comme un début de solution. Stéphane revient avec le papier miracle. Elle reprend notre dossier. Après plus de 2 heures à observer les procédures, quand je la vois tamponner le coin du formulaire, c'est un grand soulagement !!! Nous devons récupérer nos visas mardi prochain...
Cinq heures plus tard, on sort de ce maudit bureau, enfin rassurés mais épuisés.
En feuilletant nos guides, on trouve l'adresse d'une boulangerie à distance raisonnable à pied. Pour récupérer de nos émotions, on se pose un moment en se régalant d'un macaron aux framboises. Pas très loin, dans le quartier du Worker's stadium, je trouve un salon de beauté. Un truc de filles !!! Un énorme orage éclate, l'eau tombe en trombes. Stéphane patiente en prenant un apéro au resto du coin. On décide de rentrer vers notre hôtel car l'orage est toujours menaçant. Pekin sous l'orage, pas facile... On dine dans un charmant resto italien, le Luce, très bon mais genre nouvelle cuisine : les portions sont plus que réduites et le poisson de Stéphane est servi sans accompagnement ! On rentre chez nous en pouvant enfin imaginer sereinement le programme des jours à venir !