Mercredi 17 septembre
Ce matin, Stéphane fait un petit tour dans les hutongs et récupère au passage notre linge. Hier, nous avons trouvé une laverie. Je passe les contingences matérielles mais ras le bol de laver à la main depuis 2 mois nos rares vêtements.
Aujourd'hui encore, nous changeons de quartier. Direction le Novotel XinQiao au pied du métro Chongwenmen, au sud-est de la Cité Interdite. On s'installe dans notre chambre en ayant la chance d'être surclassé : grand confort et accès aux salons privés. En début d'après-midi, on part visiter le vieux quartier de Liulichang. Les boutiques, fréquentées par les élites sous les dynasties Ming et Qing, regorgent aujourd'hui d'articles pour touristes. La rue a été refaite, toute propre. Au milieu de ce bazar, quelques anciennes boutiques, certaines présentes depuis plus d'un siècle, offrent des articles de qualité : rouleaux, estampes, encres et surtout pinceaux pour la calligraphie. On s'enfonce dans les ruelles environnantes, la vie des hutongs, plus calme, réapparait. En arrivant vers Qianmen, la foule et les boutiques à touristes ressurgissent. On file au tout proche Beijing Urban Planning Exhibition Center. Je ne peux pas ne pas y aller ;) Le musée est flambant neuf, moderne en verre et béton. Il retrace l'évolution de la planification urbaine de la ville, en évoquant des thèmes comme les transports, l'environnement ou la politique de conservation des sites anciens. Intéressant mais la plupart des commentaires sont en chinois : pas très facile à comprendre !!! Le principal point d'intérêt est la maquette de Pékin qui s'impose sur 300 m2. L'espace situé à l'intérieur du 4è périphérique de Pékin est reproduit avec une précision et un réalisme époustouflants : rues, immeubles, jardins,... Les lieux visités sont facilement reconnaissables. La maquette est entourée de 1000 m2 de photos aériennes qui permettent de prendre la mesure du gigantisme de Pékin !
On s'accorde une petite pause gouter le long de la Cité interdite, en remontant en bus la place Tiananmen, avant de redescendre à Qianmen. On s'enfile dans la rue Dazhalan, bordées de nombreuses enseignes célèbres et centenaires. La nuit tombe déjà. On visite le Daguan Lou, le plus vieux cinéma de Pékin. On s'arrête chez Neiliansheng, auguste fabricant de chaussures chinoises. Je craque... On déambule, la rue s'anime. La pharmacie Tongrentang, la plus vieille de Pékin (300 ans) est déjà fermée. Dommage, il faudra qu'on revienne ! On continue vers la rue Qianmen. Pour les JO, l'axe a été entièrement refait : une grande rue pavée piétonne, des éclairages modernes, des voies de tramway,... Ca donne presqu'un petit air de Disneyland ! Les façades ont été complètement rénovées, à se demander si elles n'ont pas été reconstruites. Les éclairages donnent une douce lumière. Les intérieurs sont vides, parfois encore en travaux. C'est étrange, c'est comme si tout avait du être fini avant les JO, au moins en façade. Les ruelles entre les bâtiments sont fermées par des trompes l'oeil et les passages, tous interdits, sont gardés par la police. Plein de gens sont dans la rue et semblent attendre quelque chose. De nombreux photographes, avec leurs pieds photo, pointent leurs objectifs au-dessus de la porte du Devant, qui borde la place Tiananmen au sud. C'est curieux, on s'interroge. On finit par comprendre qu'il doit se passer un événement, certainement pour la fin des Jeux paralympiques. On essaie de remonter vers le début de la rue et on s'aperçoit que la place Qianmen est fermée par un cordon de policiers. Du coup, on décide de manger dans un des rares lieux ouverts, une sorte de petit resto spécialisé dans les raviolis. Puis, on remonte la rue Dazhalan dans l'autre sens à la recherche d'une sation de métro, en profitant des magasins encore ouvert. Tout d'un coup, un grand bruit se fait entendre. Dans un mouvement de précipitation, tout le monde court vers Qianmen. Le feu d'artifice, tiré depuis la place Tiananmen, illumine la rue et les bâtiments. C'est beau. Le feu d'artifice terminé, on essaie de rentrer. Pas simple, la rue n'est toujours pas réouverte. Seule passage possible, remonter à nouveau la rue Dazhalan. Arrivés au métro, la station est fermée. Dans la cohue, on réussit à attraper un bus, plein à craquer, qui nous dépose au pied de l'hôtel.