Mardi 2 septembre
Que faire de nos journées ? Olgii ressemble à une toute petite ville de province : un musée poussiéreux, un marché, un restaurant, quelques guanz fermés dès 19h, une poste, une grande place,...
Dans la matinée, nous avons rendez-vous avec Erkhiin pour lui donner toutes les photos prises dans sa famille. Aucune nouvelle ! Je ne sais pas si les photos arriveront un jour à ceux qui les attendent tant. Il devait repartir dans la "campagne" cet après-midi.
Nous décidons de partir à la recherche des locaux de l'AltaiCraft Women's Project. A UB, nous avions rencontré un couple qui nous avait parlé de ce projet d'artisanat local monté par une américaine autour du travail des femmes. Étonnamment, nous trouvons assez facilement leur local perdu derrière le marché. Tout est fermé. Nous laissons un mot sur la porte en espérant avoir des nouvelles. Nous poursuivons notre "tour en ville" en arpentant les allées étroites du marché où de nombreux enfants sont venus avec leurs parents faire leurs achats de rentrée. Nous cherchons d'autres exemplaires de gants pour rapporter en France. Stéphane les a trouvé fort pratique pour monter à cheval ! Notre petit vendeur de l'autre jour nous reconnait mais il n'a pas encore ouvert son échoppe. Nous reviendrons plus tard. Nous en profitons pour effectuer quelques achats de fruits et légumes avant de retourner manger dans notre chambre. Malgré le temps couvert de ce matin, le soleil s'est levé. Il fait bon marcher dans les rues. La ville est animée par la rentrée scolaire : beaucoup d'étudiants, d'élèves dans les rues. Beaucoup de "hello" aussi ! C'est rigolo de voir comment la ville a changé en quelques jours.
Nous décidons de nous reposer et de trainer un peu dans notre chambre avant de profiter d'une connexion plus rapide à l'internet café. Ce soir, nous dinons chez Laura, une américaine rencontrée la semaine dernière. Laura est Peace Corp Volunteer pour 2 ans ici en tant que prof d'anglais. Ils sont une soixantaine en Mongolie répartis dans tout le pays. A Olgii, ils ont la "chance" d'être deux, nous dit elle. Avec Matt et elle, nous discutons de nos expériences et ressentis sur la Mongolie. Nous découvrons aussi un peu leur statut : ils sont formés à la langue mongole pendant 2 mois puis logés dans leur ville ou village, en général dans une famille, et payés 100 000 turigs par mois soit une soixantaine d'euros. Même pour ici, c'est ridiculement peu, à peine de quoi manger !!! Pour donner une idée, les tomates et les pommes valaient ce matin 1500 turigs le kilo (et c'était mois cher que d'habitude), un pot de compote coute 2600 turigs, un pain 700 turigs, un plat au resto turc environ 3500 turigs, une journée payée à notre chauffeur 50 000 turigs,... Leurs conditions de vie sont vraiment précaires. Laura vit dans une petite pièce sans eau courante, sans eau chaude bien sur, chauffée avec un poêle à bois et où l'électricité est intermittente. Ils n'ont le droit de quitter le pays qu'un mois dans l'année. Un de nos autres sujets de conversation : la bouffe !!! Eux aussi ont du mal à s'habituer à la bouffe locale. Comme dit Laura, c'est un pays à devenir végétarien ! Il faut dire qu'en plus à Olgii, le choix est vraiment limité en termes d'approvisionnement.
Nous regagnons notre chambre en savourant encore plus notre douche chaude et les quelques gâteaux secs que nous avions emportés d'UB...